Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Lundi 21 décembre 2009 | fao

La sous-nutrition pourrait être résolue avec 44 milliards de dollars par an


La sous-nutrition mondiale pourrait être en grande partie résolue avec des investissements de 44 milliards de dollars seulement par an dans l’agriculture des pays les plus pauvres. C’est ce qu’a déclaré Hervé Lejeune, sous-directeur général de la FAO le 10 décembre, lors de l’une des quatre conférences « Saveurs et Savoirs » organisées par la Sopexa (Agence de promotion de l’agro-alimentaire français) et l’association Terroirs et Cultures.


Avec 44 milliards de dollars par an dans l’agriculture des pays les plus pauvres, la sous-nutrition mondiale pourrait être résolue, si cette somme était investie dans des programmes incitatifs pour les producteurs. Selon Hervé Lejeune, sous-directeur général de l’Agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), une telle ressource financière existe, car ce montant ne représente que 1,5% des sommes allouées au sauvetage du système bancaire international. Pour lui, l’enjeu financier « n’est pas énorme » : le marché de l’armement est bien supérieur (1 200 milliards de dollars par an). Les banquiers ont perdu 3 400 milliards de dollars dans la crise économique, a renchéri Philippe Chalmin, économiste des matières premières et historien.

Instaurer la Pac modèle 1958
Les investissements dans l’agriculture sont ceux qui ont le plus fort effet de levier sur le développement : une efficacité deux à trois plus élevée que dans tout autre secteur économique, a exposé Hervé Lejeune, rappelant ce constat dressé par la Banque Mondiale en 2007.
Le sous-directeur général de la FAO a détaillé quelques secteurs clés dans lesquels l’investissement serait efficace dans les pays en développement : des subventions aux intrants, engrais notamment. Il a cité plusieurs pays qui ont réussi dans cette voie : le Vietnam, l’Arménie, le Ghana et le Malawi. Ce dernier pays, qui était importateur de céréales, est devenu exportateur en cinq ans, son chef d’État ayant décidé une telle politique, contre l’avis de la Banque mondiale.
Selon Philippe Chalmin, « la solution, ce serait d’instaurer la Pac “modèle 1958” dans les pays démunis sur le plan alimentaire », avec des droits de douane élevés. Mais comme ces pays ne peuvent pas se permettre de trop augmenter les prix alimentaires, c’est là que les sommes citées plus haut seraient utiles, a plaidé l’économiste.
(MN)