Dans son rapport annuel paru le 8 février, la Cour des comptes a fustigé le système d’aides d’urgence appliqué en France. Estimées à 1,67 milliard d’euros entre 2006 et 2010, ces aides sont « plus ou moins justifiées, souvent empilées et n’ont que des effets dilués », estime la Cour des comptes. Plus précisément, le rapport dénonce des mesures prises avec peu de recul, n’ayant pour origine que les demandes des professionnels et non une réelle connaissance des retombées d’une crise, qu’elle soit sanitaire, climatique ou économique. Ces aides violeraient en outre le droit communautaire. La Cour des comptes préconise une responsabilisation des agriculteurs, par la mise en place d’épargne de précaution et d’une diversification de leurs revenus. Le rapport estime également qu’une contractualisation plus équitable au sein des filières et un système assurantiel conséquent permettraient de garantir un revenu stable aux exploitants, et donc d’avoir moins recours aux aides d’urgence.