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Vin

lundi 13 décembre 2010

Des viticulteurs bordelais vont attaquer les CVO


Un Comité fondé par une dizaine de viticulteurs bordelais, le Comité d’action des vignerons de Bordeaux (CAVB), s’est constitué pour s’opposer aux cotisations volontaires obligatoires (CVO) versées au Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), dont il dénonce l’inefficacité dans la crise actuelle. C’est la troisième tentative en France contre les CVO, après celle de la coopérative UKL-Arree contre le Cidef (interprofession de la dinde) et celle des producteurs laitiers de l’Apli.

«On paie des cotisations au CIVB pour qu’il défende les intérêts de notre vignoble mais on ne voit pas à quoi cela sert, il a plutôt une action nocive pour les petits producteurs », dénonce Dominique Techer, viticulteur de Pomerol et porte-parole du Comité d’action des vignerons de Bordeaux, créé il y a un mois mais officialisé le 9 décembre.
Une critique déjà formulée par le Comité interappellations né en 2009, qui revendique 1 500 membres. « C’est une structure (le CIVB, NDLR) qui se montre inefficace pour réguler le marché et promouvoir les vins de Bordeaux », regrette Didier Cousiney, viticulteur à Pian-sur-Garonne.
L’objectif du CAVB, selon ses statuts, est de défendre l’intérêt des vignerons contre les CVO qu’ils doivent verser au CIVB. Le montant des CVO est de 4,70 euros HT/hl pour les bordeaux et bordeaux supérieurs ; 7,50 euros HT/hl pour les AOC intermédiaires et 10 euros HT/hl pour les appellations les plus chères. A l’échelle d’une exploitation, le montant atteint vite 10 000 euros, selon le CAVB.
« Ces prélèvements deviennent insupportables parce que la situation est difficile », explique Dominique Techer.
Il rappelle que 3% seulement des transactions se font à plus de 1 000 euros le tonneau alors que le coût de production est de 1 200 euros au moins. La majorité des transactions se situent autour de 700 euros le tonneau.
« J’ai dernièrement vendu mon vin à 850 euros le tonneau alors que le prix de revient sur notre exploitation est de 1 350 euros », témoigne Sylvie Verdier, propriétaire de Château Bessan, premières côtes de Bordeaux et secrétaire du CAVB.
« Certains producteurs se retrouvent même obligés de vendre à moins de 650-680 euros le tonneau » de 900 litres, confirme Didier Cousiney, président du « Collectif viticulteurs 33 » créé en 2003. « A côté des grands crus qui deviennent des produits spéculatifs, les autres vins servent de produits d’appel pour la grande distribution. Cela a commencé par les bordeaux et bordeaux supérieurs et remonte dans les AOC intermédiaires, créant une spirale à la baisse des prix », poursuit Dominique Techer.

Procédure collective contre les CVO

Beaucoup de viticulteurs vendent donc à perte et la CVO s’ajoute à leur déficit, selon le CAVB. Aussi, nombre d’entre eux s’insurgent contre cette taxe. Le Comité accuse également le CIVB de ne pas opérer un juste retour des fonds de la taxe entre les familles de la production et du négoce, à travers ses actions.
« Quand on regarde le budget prévisionnel des actions de promotion par exemple, on s’aperçoit que 85% des fonds des CVO bénéficient au négoce et 15% seulement à la promotion des vins faits par les organismes de défense et de gestion », critique Dominique Techer.
Les membres du CAVB ont décidé le 9 décembre d’attaquer en justice les CVO en procédure collective en s’inspirant de l’action (1) de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), action elle-même basée sur un jugement récent du tribunal de Lorient opposant la coopérative UKL Arré au Cidef (interprofession de la dinde). Comme ceux de l’Apli, les membres du comité demanderont au CIVB le remboursement des CVO antérieures au 10 décembre 2008, date à laquelle Bruxelles a donné son feu vert à des CVO à la française.

(1) voir Agra presse n° 3278 du 6 décembre 2010, « Contestation des CVO : quand la filière dinde donne des idées à l’Apli »



(AFR)

lundi 13 décembre 2010

Près d’un quart des viticulteurs bordelais travaillent à perte

La crise qui frappe le secteur depuis le début des années 2000 a entraîné la paupérisation des viticulteurs des appellations les moins prestigieuses du bordelais : ils sont désormais près d’un quart à travailler à perte, selon la Chambre d’agriculture de la Gironde. « Ainsi, en 2009, entre 20 et 25% des producteurs ont eu un revenu négatif et la situation s’est encore aggravée en 2010 », a indiqué Philippe Abadie, chef du service développement et formation à la Chambre d’agriculture de la Gironde. Un tiers d’entre eux a réussi à dégager un revenu de la vente de leur vin mais ce dernier ne leur a cependant pas permis de gagner un Smic par travailleur familial, a détaillé Philippe Abadie, à partir des chiffres émanant de son réseau de référence. En 2008, les viticulteurs aquitains, dont une immense majorité sont Girondins, avaient obtenu en moyenne un revenu disponible de 6 300 euros par unité de main d’œuvre familiale, soit environ la moitié d’un Smic, selon la même source. Parallèlement, entre août 2009 et juillet 2010, le prix du vin en vrac dans l’appellation bordeaux rouge, qui représente la majorité des transactions, a connu une baisse des prix de 8%. Dans l’appellation médoc, cette baisse a été de 20%, contre 7% en côtes de bordeaux, 6% en saint-emilion, 13% en bordeaux blanc, 5% dans l’entre-deux mers et 8% en sauternes, selon les chiffres communiqués par la chambre d’agriculture.


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