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Vendredi 16 mars 2018

Sol : l’érosion coûte cher au secteur agricole européen


Une étude, publiée le 27 février par le Centre commun de recherche de la Commission européenne, montre qu’au niveau de l’UE, l’érosion des sols affecte plus de 12 millions d’hectares de terres – soit environ 7,2 % des terres agricoles – et entraîne une perte de productivité des cultures évaluée à 1,25 milliard €. Sur la base d’un modèle macroéconomique (prenant en compte notamment les cours des matières premières), les pertes sont moins spectaculaires avec un coût annuel estimé pour les revenus du secteur agricole de l’UE d’environ 295 millions € (soit une baisse de 0,12 %).

Les coûts directs frappent principalement les agriculteurs en raison de pertes de production, des dommages subis par les cultures, de la diminution des superficies et du coût des éléments nutritifs supplémentaires nécessaires pour compenser la perte de la partie supérieure et fertile du sol. C’est l’Italie qui paie la facture la plus élevée avec une perte annuelle de 619 millions € et 33 % de sa superficie agricole totale souffrant d’érosion sévère. Alors que les pays d’Europe centrale et du nord sont moins affectés par le phénomène.

En termes de cultures, la perte de productivité la plus élevée (en pourcentage) est observée pour le riz et le blé qui sont les cultures dominantes des zones les plus affectées par l’érosion des pays méditerranéens (Italie, Espagne et Grèce). À l’inverse, le seigle enregistre la plus faible perte de productivité (-0,18 %) car il est principalement cultivé dans des pays où les taux d’érosion sont relativement faibles (Allemagne et Pologne).

Si l’érosion des sols ne constitue pas pour l’instant une menace pour la sécurité alimentaire dans l’UE, elle fait néanmoins porter des coûts particulièrement élevés au secteur agricole de pays comme l’Italie, la Slovénie, l’Espagne et la Grèce. De plus, conclut l’étude, avec environ 9 milliards de personnes à nourrir d’ici à 2050, la production agricole mondiale devra s’intensifier sur une surface réduite de terres, touchée par l’érosion, l’imperméabilisation et la salinisation qui pèsent de plus en plus lourd. Des mesures de lutte contre l’érosion devraient donc continuer à être mises en œuvre, notamment dans le cadre de la Pac, soulignent les chercheurs.

Un subtil équilibre

Une étude qui vient d’être publiée par le Centre commun de recherche de la Commission européenne dans la revue Nature Climate Change sur le changement climatique montre que les sols peuvent constituer, au moins dans un premier temps, un puits net de gaz à effet de serre grâce au stockage accru du carbone. Mais il faut en même temps veiller aux émissions de protoxyde d’azote qui peuvent annuler tous les bénéfices liés à la capture de carbone. Certaines pratiques de gestion des terres augmentent la capacité du sol à stocker le carbone en particulier durant les 30 premières années de leur mise en œuvre. Cependant, les cycles du carbone et de l’azote du sol sont étroitement liés. Des niveaux plus élevés de carbone et d’azote dans les sols peuvent donc entraîner une augmentation des émissions de protoxyde d’azote, un puissant gaz à effet de serre. Par exemple, les pratiques fondées sur la rétention des résidus de culture et une activité limitée de labour n’ont pas tendance à augmenter les émissions de protoxyde d’azote tant que l’accumulation de carbone se poursuit. Mais une fois le stock arrivé à saturation, les deux s’équilibrent. Et même, dans certains cas, le sol devient émetteur de gaz à effet de serre…

AG



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