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Vendredi 01 décembre 2017

Politique de résultats


La Commission européenne le promet : dans la prochaine Pac, Bruxelles ne viendra plus mesurer la largeur des haies ou imposer un nombre d’arbres à planter. Car ce ne sera plus de son ressort… mais de celui de l’État membre. C’est ce qu’on appelle refiler le bébé. Pour autant, tout n’est pas à jeter dans la proposition de la Commission européenne. Sa volonté de faire passer la Pac d’une logique de moyens à une logique de résultats, en rapprochant la mise en œuvre au niveau national pour être plus près du terrain, est intéressante. C’est même ce que réclame la profession agricole depuis bien longtemps. Bruxelles veut ainsi définir un certain nombre d’indicateurs mesurables (bio, prairies, biodiversité…) à la fois du premier et du deuxième pilier ; à charge ensuite aux États membres de fixer les seuils et de les faire appliquer.

Mais pour réussir une telle politique, la profession doit être présente à tous les instants, de façon à co-construire avec le gouvernement le plan stratégique, en définissant des critères et des seuils qui correspondent vraiment aux contraintes du terrain. De plus, il s’agira de faire respecter une discipline pour que chaque agriculteur dans son territoire joue collectif, pour le respect des critères au niveau national ou régional. Il ne s’agira donc pas de compter sur les autres pour atteindre les objectifs collectifs, tout en les transgressant soi-même.

Mais dans la situation actuelle, avec le gouvernement que l’on sait, peut-on réellement faire confiance à Emmanuel Macron pour ne pas se retrouver le champion d’Europe des critères les plus durs à respecter au niveau environnemental ? Le risque est grand. Car sa promesse de non-surtransposition par rapport à la réglementation européenne est tombée aux oubliettes.

Nicole OUVRARD



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