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Lundi 25 juillet 2011 | production porcine

Les méga-élevages de porc néerlandais et allemands mal vus par la société


La restructuration accélérée des élevages de porc dans le nord de l'Europe fait se lever de fortes oppositions de la part de la société. Ce constat de Christine Roguet, ingénieur d'étude du pôle économie de l'Institut du porc (Ifip), a été publié dans son dernier mensuel d'information économique, Baromètre porc (n°411). Cette opposition signera peut-être la fin de cette restructuration massive de ces dix dernières années, également qualifiée de « mégamorphose » par les Néerlandais.


Aux Pays-Bas comme dans le nord-ouest de l'Allemagne, « la multiplication des très grandes structures ou mégafermes (megastallen, porcheries de plus de 1 200 places de truies ou 7 500 places d'engraissement aux Pays-Bas [...]), a fait naître une opposition manifeste dans la population », constate Christine Roguet, ingénieur d'étude du pôle économie de l'Institut du porc (Ifip). Dans le dernier baromètre porc (n°411), elle explique que « le débat porte sur les conditions de vie des animaux, la santé animale et humaine, la sécurité sanitaire des aliments, les effets sur le paysage, le voisinage et l'air, les risques pour le modèle d'exploitation familiale… » Elle note que « des pétitions ont conduit en 2010 à un plafonnement de la taille des élevages en Pays-Bas. » Durant ces dix dernières années, « la concentration et l'agrandissement ont été phénoménaux » aux Pays-Bas comme au Danemark, un peu moins en Allemagne. « Le nombre d'élevages de truies a été divisé par 3 au Danemark et par 2 aux Pays-Bas, leur taille moyenne étant respectivement multipliée par 3,1 et 1,7 », précise Christine Roguet.

Des avantages économiques non négligeables
D'après elle, les économistes danois et néerlandais encouragent cet agrandissement afin de réduire les coûts et d'augmenter le volume produit par unité de capital ou main d'œuvre. « Les avantages attribués à la taille portent sur le travail (conditions et productivité), les performances zootechniques (spécialisation du travail et des sites, sanitaires), le pouvoir de négociation, l'adaptation aux exigences des engraisseurs », écrit-elle. Elle rajoute que « les professionnels soulignent un paradoxe. Répondre aux objectifs des réglementations (protéger l'environnement et améliorer le bien-être animal…) entraîne l'essor des grandes fermes, à l'encontre des idées reçues à propos de leur impact sur l'environnement et la condition animale ». Effectivement, il semble bien qu'au-delà des avantages économiques, « les contraintes réglementaires accélèrent aussi la concentration et l'agrandissement des élevages. » Elle conclut : « Le contraste est saisissant entre l'extrême restructuration au Danemark surtout, ou aux Pays-Bas, et le relatif immobilisme en France. Mais cette course à la taille dans le nord rencontre aujourd'hui l'opposition de la société et peut-être ses limites, sociales et économiques, dans une compétition internationale considérée intenable. Toujours est-il que dans ces deux pays une vague de restructuration est passée… »
(ED)