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Vendredi 22 septembre 2017

Greenwashing


Carrefour s’est offert cette semaine un beau « coup de com’» avec l’annonce de la commercialisation de ses « légumes interdits ». Des légumes issus de semences paysannes non inscrites au Catalogue of ciel des semences dont la commercialisation (des semences et non des légumes) est interdite. Le Gnis et l’Inra ont rappelé l’objectif initial du Catalogue: faire reconnaître of ciellement le fait qu’une variété dite nouvelle est bien nouvelle, et non la copie d’une variété déjà existante, et apporte bien un gain par rapport aux variétés déjà présentes sur le marché.
On peut entendre les arguments des producteurs de légumes anciens qui souhaiteraient leur inscription de fa- çon à vendre les semences et mieux les diffuser. Mais le comble, c’est que ce soit une enseigne de la grande distribution qui dénonce la perte de biodiversité cultivée. S’il y en a qui sont responsables de l’uniformisation des légumes dans les étals, il s’agit bien des supermarchés. Ce sont eux qui poussent les producteurs à pro- duire des tomates qui se conservent pendant un mois sans jamais pourrir – au détriment du goût; qui les poussent à vendre des légumes lavés, nécessitant l’ajout de conservateurs; ou encore qui les obligent à éliminer des légumes ou des fruits pour un simple défaut de présentation. Tout cela au nom de la sacro-sainte « de- mande des consommateurs ».
Mais cette fois, bon nombre de consommateurs ne s’y sont pas trompés et ont fait des commentaires acerbes sur les réseaux sociaux, rappelant à l’ordre Carrefour sur sa part de responsabilité. L’enseigne s’est retrouvée en quelque sorte l’arroseur arrosé. Le greenwashing a des limites.

Nicole OUVRARD



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