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Vendredi 02 novembre 2018

Géo-ingénierie


Bon gré mal gré, il faut désormais se projeter dans un monde nouveau, car les effets du changement climatique se font déjà ressentir sur les agricultures du monde, la France y compris. Parmi les phénomènes nouveaux à intégrer, il en est un particulièrement brûlant : l’inégalité face aux effets du changement climatique. Ce problème recouvre tout autant la variabilité géographique du changement climatique (l’agriculture russe devrait par exemple profiter du réchauffement), que la variabilité de la vulnérabilité face à ces effets (le Bangladesh est souvent cité comme le pays le plus vulnérable). Au-delà du problème moral qu’elle pose aux pays les plus émetteurs de gaz à effets de serre, cette inégalité des effets du changement climatique induit la conséquence suivante, à laquelle il faut se préparer : certains pays – au sud comme au nord – s’intéresseront de manière beaucoup très attentive aux techniques de géo-ingénierie – c’est-à-dire aux techniques de modification du climat, comme l’injection d’aérosols dans l’atmosphère. Au printemps, plusieurs scientifiques de pays en développement avaient publié une tribune dans la revue Nature en ce sens. La raison est simple : comme certains pays sont plus exposés au changement climatique, ils ont davantage à gagner à le limiter. Qu’on soit opposé ou non à ces techniques, il faut rapidement financer des études pour évaluer l’ampleur de leurs conséquences. Car ces discussions devraient tôt ou tard s’imposer sur la scène internationale.

Mathieu Robert



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