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Vendredi 21 avril 2017

Déficit hydrique : le BRGM vigilant mais pas alarmiste


Alors que le milieu agricole commence à s’inquiéter du manque d’eau, le BRGM (Bureau de Recherches géologiques et minières) relativise : au 1er avril, les nappes souterraines étaient effectivement en déficit hydrique, mais la majorité d’entre elles continuaient à se remplir.


« À défaut d’être normale, la situation n’est pas extrêmement critique », a affirmé Philippe Vigouroux, hydrogéologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), le 20 avril en conférence de presse. Il faut être « vigilant », estime le BRGM. Car au 1er avril, moins de la moitié des nappes (46 % des 260 points étudiés) affichaient un niveau d’eau « moyen ou plus haut que la moyenne » ; ce taux était de 76 % en 2016. Certaines zones, où les niveaux sont « bas voire très bas par rapport aux moyennes » (20 % des nappes), nécessitent une attention particulière. C’est le cas de la nappe de la craie normande et picarde, les nappes du bassin Adour-Garonne, les aquifères de la vallée du Rhône ou les nappes de la région Paca.

Les niveaux d’eau encore en phase ascendante

Il ne faut pas être alarmiste pour autant, selon le BRGM. 66 % des nappes sont encore en phase de hausse du niveau de l’eau, 16 % sont stables et seules 18 % ont commencé à baisser (23 % en 2016). De fait, dans la plupart des régions, la « période de bascule » (début de diminution de niveau de l’eau) n’a pas encore été atteinte. Il apparaît que 2017 est finalement une année « assez inhabituelle » : la recharge hivernale (généralement de septembre à mars) a été « faible », mais elle se poursuit au-delà de la période habituelle, et de surcroît, les recharges se sont amplifiées ces dernières semaines. En février 21 % des nappes étaient en phase de baisse, et seules 52 % continuaient à se remplir (le reste étant stable).

Quelques zones privilégiées

Quelques régions présentent des situations « favorables », relève le BRGM ; avec des niveaux d’eau « hauts ou très hauts » (7 %) et « modérément haut » (15 %). Il s’agit des nappes de la plaine du Roussillon, des nappes calcaires du Jurassique de Lorraine, des nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau. 24 % des nappes se situent quant à elles dans la moyenne, explique encore le BRGM qui ne veut pas crier au loup. La situation n’est pas si « exceptionnelle » estime Philippe Vigouroux, qui rappelle qu’en avril 2012, seules 11 % des nappes enregistraient un niveau d’eau moyen ou supérieur à la moyenne, que 38 % des nappes étaient déjà en phase de baisse et que pourtant, les pluies des mois de mai et juin avaient permis de « passer un été tranquille ».

Au 1er avril, moins de la moitié des nappes affichaient un niveau d’eau « moyen ou plus haut que la moyenne »

BB



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