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Vendredi 31 mars 2017

Décalage


Les syndicalistes de la FNSEA, réunis le 30 mars pour écouter des présidentiables, ont sans conteste plutôt applaudi François Fillon, le candidat LR. La haine de l’Europe d’une Marine Le Pen ou la nouveauté, sans doute, d’un Emmanuel Macron les a confortés dans cette préférence. Et pourtant, les sondages et analyses politiques montrent que la population des exploitants agricoles se reconnaît dans des choix radicalement différents. Vient, en tête des préférences, Marine Le Pen, suivie d’Emmanuel Macron, François Fillon ne se trouvant qu’en 4e position derrière Benoit Hamon !

La FNSEA est-elle en décalage par rapport à la base des agriculteurs, syndicalisés ou pas ? C’est possible et ce n’est pas, en soi, ni un problème ni une surprise. Les syndicalistes peuvent avoir une culture, une expérience, des connaissances qui leur font refuser l’anti-européanisme primaire d’un Front national.

Mais cela implique que ce syndicalisme doit être très attentif au gros des troupes. Comprendre le pourquoi de leurs choix politiques, les former et les informer des réalités économiques politiques et sociales, faire, toujours, du terrain. Ne laisser personne en rade. Autrement, on se retrouve dans une situation où récemment, par exemple, lors d’une manifestation à Paris, Xavier Beulin s’était fait apostropher par des agriculteurs ne comprenant pas qu’il n’ait pas arraché des prix du lait décidés par le pouvoir.

Autrement, aussi, le syndicalisme majoritaire pourrait se réveiller un jour d’élections aux chambres d’agriculture avec une abstention colossale ou des préférences pour des candidats totalement en rupture. Autrement enfin, à force de ne pas comprendre la base, c’est la base qui finirait par ne plus comprendre le syndicat.

Hervé Plagnol, rédacteur en chef



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