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Lundi 28 mai 2012 | maïs

2012, une année favorable au maïs en France malgré l’humidité aux semis


Les semis de maïs touchent à leur fin en France et les restrictions à l’irrigation s’éloignent : c’est le constat réalisé lors d’une conférence de presse de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) le 23 mai à Paris. L’occasion pour les responsables de l’AGPM de faire un point sur les marchés, ainsi que sur les contraintes réglementaires affiliées à ces productions.


«Au 20 mai, on estime que 85 à 90% des maïs grains sont semés sur un total de 1,6 million d’hectares (Mha), soit une hausse des surfaces de 4% par rapport à l’an dernier, notamment en raison des nouveaux semis après le gel de cultures d’hiver », a indiqué Jean-Paul Renoux, spécialiste du maïs chez Arvalis, lors d’une conférence de presse le 23 mai. Selon lui, les pluies récentes ont aussi permis de recharger les nappes au printemps, « ce qui augure d’une campagne d’irrigation du maïs en 2012 dans un contexte apaisé ».

Des stocks mondiaux de maïs allant en se détendant en 2012/2013

Au niveau du marché mondial, Christophe Terrain, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), a indiqué que si les stocks mondiaux étaient serrés pour fin 2011/2012, à 127 millions de tonnes (Mt) soit un ratio stock sur utilisation de 14,8%, les prévisions étaient meilleures pour fin 2012/2013. « Les productions sont en hausse partout dans le monde et la campagne 2012/2013 pourrait dépasser les 900Mt soit une hausse de 8,7% sur un an », a souligné Christophe Terrain. Il a ensuite précisé que l’USDA estimait qu’aux Etats-Unis une sole record de 38,8 Mha de maïs permettait d’anticiper une bonne hausse de production pour 2012/2013. Cependant, il a souligné l’optimisme de ces estimations en indiquant que l’USDA se basait sur un rendement moyen de 104 quintaux par hectare (q/ha). « Nous n’en sommes qu’aux semis et d’ici la récolte il peut encore se passer beaucoup de choses », a déclaré Christophe Terrain. Selon les dernières estimations, on s’attend à une amélioration du bilan mondial fin 2012/2013 avec un ratio stock sur utilisation qui pourrait atteindre les 16,5%, soit un niveau plus confortable.

Les semences françaises de maïs toujours demandées

Si la forte demande en semences de maïs cette année en France et en Europe a eu tendance à mettre les stocks français sous pression, les besoins ont été couverts. C’est ce qu’a indiqué Joël Arnaud, président de la Fédération nationale de la production de semence de maïs et de sorgho (FNPSMS), concédant que certaines génétiques avaient pu manquer. Réalisant un point sur les débouchés des semences de maïs françaises, il a souligné que le pays occupait le premier rang de l’UE à 27 en ce qui concerne la production de semenceS avec, en moyenne sur les cinq dernières années, 55 000 ha cultivés. La France occupe aussi la première place mondiale des exportateurs de semences de maïs avec 55% de sa production exportée, soit 110 000 t. Le marché à l’export se développe particulièrement en Europe de l’ouest, constituant 80% des débouchés, mais aussi en Europe centrale pour 12% et en Europe de l’est pour 8%. La demande a tendance à progresser avec la hausse des cultures de maïs dans le monde et particulièrement en Europe. Dans l’UE à 27, la sole de maïs atteindrait les 15 Mha en 2012 soit une progression de 5% et sur l’ensemble de l’Europe géographique les surfaces atteindraient les 25Mha, tirée notamment par une progression de 20% en un an des surfaces en Ukraine. Pour répondre à cette demande en hausse, le programme de multiplication français de semences de maïs en 2012 a fait progresser les surfaces de 25% à 67 500 ha.

Des facteurs de production sous pression

Réalisant un point sur les facteurs de production, Christophe Terrain a réitéré son soutien aux autorisations de mise sur le marché de molécules de traitement des cultures permettant d’éviter les impasses techniques. Il a ainsi défendu les traitements de semences en expliquant que ces produits permettaient de diminuer l’usage de phytosanitaires. Il estime d’ailleurs que les conditions de semis imposées par la réglementation pour des semences traitées sont « ubuesques ». Concernant la ressource en eau, Daniel Martin, président de l’Association des irrigants de France, a salué la concrétisation, par des textes de loi bientôt publiés, des mesures d’assouplissement des règles de stockage de l’eau. Un premier vise à supprimer les possibilités de recours six mois après la mise en service des installations de stockage, le projet de décret ayant été validé par le Conseil d’Etat et devant être publié prochainement. Un second projet de texte prévoit de créer un nouveau régime déclaratif pour les retenues de substitution dont le volume est inférieur à 350 000 m3 et alimentées par des prélèvements allant jusqu’à 110 m3 par heure. Cependant, Daniel Martin a souligné que la traduction réglementaire proposée de ces textes ne semblait pas à la hauteur des annonces faites par le précédent gouvernement. Enfin, concernant les OGM, les représentants de l’AGPM ont regretté le blocage sur ce dossier en indiquant que « l’Europe, qui s’interdit la culture des OGM, leur ouvre largement ses frontières ». Ils ont d’ailleurs souligné la nécessité de sortir de cette impasse car aujourd’hui 32% du maïs mondial est OGM.
(FG)