Xavier Beulin : « Il faut aussi raisonner les marchés agricoles de proximité »
« Il faut aussi raisonner les marchés agricoles de proximité », a déclaré Xavier Beulin, le premier vice-président de la FNSEA, lors du 1er forum des idées du Parti socialiste, consacré à l’agriculture qui s’est déroulé le 14 juin en Saône-et-Loire. Invité à réagir aux 25 propositions socialistes qui insistent sur la nécessaire relocalisation des productions au niveau mondial, européenne et national, le syndicaliste, « sans parler de regard critique », a rappelé « que l’on dit beaucoup de choses sur les marchés de proximité ». Il a insisté sur la part de la consommation alimentaire en signes de qualité (25 %) en France quand 75 % se font par d’autres circuits. « Les agriculteurs qui sont sur ces grands marchés concurrentiels (dont l’exportation) doivent gagner leur vie. Si 10 à 15 % d’entre eux décident de basculer sur les marchés de proximité, on risque d’écrouler la valorisation de ces débouchés », a-t-il expliqué. Par rapport aux prochaines négociations sur la Pac, « la question de la régulation ne vaut pas seulement pour les grandes commodités comme le blé mais a aussi des effets sur nos marchés de proximité », a prévenu Xavier Beulin.
La profession viticole est dans la course aux présidentielles sur les droits de plantation, dont elle milite pour le maintien. C’est ce qu’a montré une des nombreuses réunions régionales, qui s’est tenue le 6 février à Angers autour de parlementaires et d’élus locaux. « Le calendrier est très serré. Il faut que nous obtenions la majorité qualifiée des ministres de l’Agriculture de l’UE avant les élections présidentielles », a indiqué Pascal Bobillier Monnot, directeur de la Confédération nationale des vins AOC. Il s’est exprimé au Salon des vins de Loire devant une quinzaine d’élus locaux (maires, représentants de régions, comme la vice-présidente de la région Centre, et de départements) et de députés (dont Serge Poignant, président de la commission économique de l’Assemblée nationale). « Tout le monde est d’accord sur la thématique de la régulation, mais si vous regardez concrètement, vous ne verrez pas d’outils proposés », a-t-il regretté, estimant que l’administration de la Commission (et non le commissaire Ciolos) fera son possible pour diviser les pays partisans du maintien des droits.