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Vendredi 04 mai 2018

Variable d’ajustement


Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’avait vu venir, cette proposition de baisse du budget de la Pac dans la prochaine programmation budgétaire de l’Union européenne pour la période 2021-2027. Les commissaires européens avaient distillé régulièrement des petites phrases en ce sens. Et pour contrebalancer cette position très déterminée de rogner dans un gros gâteau budgétaire qui fait des envieux, le nombre de chefs d’État prêts à défendre le budget de la Pac est bien faible. La France et l’Allemagne se sont bien exprimées dans ce sens. Les politiques « traditionnelles » de l’UE, dont la Pac, ne doivent « en aucun cas servir de variable d’ajustement au-delà de l’impact du Brexit », avait rappelé la France dans une note détaillée datant de fin mars. Rappelons que le budget agricole de l’UE sera amputé de 3 milliards d’euros du fait du Brexit, soit quelque 7 % de ses dépenses totales actuelles. Mais auparavant, une autre note de la France relative au prochain cadre financier pluriannuel envoyée à Bruxelles en décembre dernier, laissant entendre qu’il fallait financer prioritairement les dépenses liées aux problèmes migratoires et à la défense, et réformer en profondeur les politiques plus anciennes, dont la Pac, avait semé le trouble quant à la volonté de la France de se battre sur ce front. Espérons que la colère de Stéphane Travert le 2 mai, aussitôt l’annonce de Bruxelles, soit une preuve que la France montera au créneau. « On n’a qu’un pacte, c’est un pacte de vérité, de responsabilité et de courage », avait dit Emmanuel Macron à la clôture de son discours en février devant les jeunes agriculteurs. C’est le moment de le montrer. Il en va de la survie de bon nombre d’exploitations.

Nicole OUVRARD



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