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Vendredi 26 janvier 2018

Vœux de la Conf’: après les bonnes intentions, il faut passer à l’action


Lors de ses vœux présentés à la presse le 24 janvier, la Confédération paysanne a déclaré qu’elle veillera à ce qu’après les bonnes intentions des Etats généraux de l'alimentation sur la juste rémunération des paysans, l’exécutif (l’Élysée et le gouvernement) passe à l’action. « Si les négociations commerciales se passent mal, il pourrait taper du poing sur la table, par exemple en menaçant les enseignes de ne pas relever le seuil de revente à perte », a proposé Laurent Pinatel, porte-parole.

De même, après le discours du président de la République à Rungis sur le juste prix payé au producteur : « C’est bien, de l’avoir dit, mais il faudra passer à l’action », a ajouté Nicolas Girod, secrétaire national. Par exemple, le président de la République met en avant les réussites de filières comme celle du comté, mais « nous ne sommes pas satisfaits de voir que le lait n’est bien rémunéré que dans cette filière ». Il faut donc des accompagnements par les politiques agricoles, environnementales ou nutritionnelles. Pour montrer que le programme de la Confédération paysanne n’est pas budgétivore, Nicolas Girod a dénoncé le fait qu’une partie des aides finit dans la poche des industriels et des enseignes : « Lactalis paye mal le lait, autant que l’État paye directement Lactalis », a-t-il ironisé. Laurent Pinatel a ajouté que « le temps est venu pour la Conf’ de radicaliser son propos sur l’agro-industrie ».

Pour l’heure, les aides ne prennent pas le chemin d’une augmentation : les ICHN disparaissent dans plusieurs régions, et du coup, « des productions disparaîtront elles aussi », et de nouveaux pans de la demande risquent de ne plus être approvisionnés par les paysans français.

L’organisation syndicale salue par ailleurs la décision d’abandon de l’aéroport de Notre-Dame des Landes : « C’est la première fois que l’on reconnaît qu’il faut moins utiliser de terres agricoles », s’est exclamé Laurent Pinatel. Les mentalités évoluent, a constaté Laurent Pinatel : aujourd’hui l’accaparement des terres agricoles se heurte à des résistances. Mais d’autres menacent apparaissent : le contournement ouest de Strasbourg, celui de Rouen, le pourtour de Lyon.

MN



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