Hasard du calendrier : le débat du dernier Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE sur la compétitivité du « modèle agricole européen » tombait le même jour que le sommet UE-Mercosur marquant la relance de la négociation d’un accord de libre-échange entre les deux régions du monde. Au cours de leur échange de vues, qui a duré trois heures, les Vingt-sept ont, en majorité, regretté que ce modèle - fondé sur des normes sanitaires et environnementales élevées - soit si peu reconnu au niveau international. Et si peu pris en compte dans... les négociations commerciales avec les pays tiers. Plusieurs d’entre eux ont aussi souligné, très logiquement, que les produits importés devaient respecter les mêmes exigences. Enfin, certains Etats membres, dont la France, l’Irlande et l’Italie, en ont profité pour rappeler la nécessité de compensations financières pour les exploitants européens qui doivent faire face à des coûts de production plus élevés pour se conformer à ces standards exigeants. Ouverture envisagée des frontières à des champions de l’exportation agricole d’un côté, maintien d’un système de production de qualité très réglementé de l’autre : voilà ce qui s’appelle courir deux lièvres à la fois. Au risque de se tirer une balle dans le pied.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »