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Vendredi 15 juin 2018

Un parallèle entre lait et sucre


Il y a un an, à quelques mois de la fin des quotas sucriers (le 1er octobre 2017), tout le monde se demandait si la filière sucrière serait mangée à la même sauce que la filière laitière, sortie des quotas deux ans et demi plus tôt, le 1er avril 2015. Tous les spécialistes et acteurs de la filière affirmaient alors qu’il n’en serait rien pour de nombreuses raisons : tout d’abord parce que la filière sucrière est très organisée, avec un nombre limité d’acteurs et parce qu’elle avait déjà fait sa restructuration industrielle, au moment de la réforme de l’OCM sucre de 2006. On disait aussi que l’UE n’étant pas un acteur majeur sur le marché mondial du sucre, dominé par le Brésil, cela n’aurait pas d’incidence sur les prix mondiaux si elle revenait à l’international et augmentait sa production. Enfin, on était encore sur un trend de prix confortable, même si la tendance était à la baisse, ce qui pouvait laisser quelques espoirs. Neuf mois plus tard, le constat est amer. La production mondiale est pléthorique, aucune région du monde n’ayant subi d’aléas climatique, et les cours du sucre se sont effondrés, y compris sur le marché intérieur européen, ouvert aux quatre vents. Industriels et betteraviers sont mis en difficulté. La seule différence qui existe entre la fin des quotas sucriers et la fin de ceux du lait, c’est que les acteurs français du sucre ont pris part à la hausse des volumes, ce qui leur permet d’écraser leurs coûts fixes, ce que n’avaient pas fait les acteurs laitiers qui avaient alors subi la double peine des prix bas sans les volumes. Mais c’est une maigre consolation.

Nicole OUVRARD



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