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Vendredi 12 octobre 2018

Travert et son bilan


Stéphane Travert serait donné sortant du gouvernement, non au motif de son bilan, assure-t-on dans son entourage, mais plutôt sur l’autel des équilibres politiques mouvants au sein de la majorité. Le bilan de Stéphane Travert a en effet de quoi satisfaire l’Élysée. Après seulement seize mois rue de Varenne, Stéphane Travert a déjà bien engagé les promesses du candidat Macron : la séparation de la vente et du conseil, le relèvement du seuil de revente à perte, la réforme de la contractualisation et la fin de l’élevage des poules pondeuses en cages devraient être inscrits dans la loi d’ici quelques jours – à moins d’un recours gagnant des sénateurs au Conseil constitutionnel qui pourrait retirer du projet de loi la partie dédiée aux indicateurs. Le plan d’investissement a bien été présenté, même si le chiffrage de 5 milliards d’euros annoncé durant la campagne peut être contesté. Et enfin des États généraux de l’alimentation – initialement appelés Grenelle de l’alimentation – ont bien été conduits, comme promis et ont enrichi le projet de loi. L’Élysée peut donc être satisfait, mais on se demande ce qu’il restera de Stéphane Travert dans ces mesures. Chantre revendiqué du « dialogue », il a surtout semblé suivre à la lettre la feuille de route de l’Élysée, où semblaient se prendre un grand nombre de décisions et d’orientations. Comme le signalait un professionnel cette semaine, la différence entre les deux Stéphane, Le Foll et Travert, c’est peut-être que le premier mettait en œuvre sa vision, et non celle de son président.

Mathieu Robert



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