Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 08 septembre 2017

Scandale des œufs au fipronil : Bruxelles veut tirer les leçons sans désigner de coupable


Les ministres de l’agriculture de l’UE réunis le 4 octobre à Tallinn ont cherché à tirer les premières conclusions du scandale des œufs contaminés au fipronil. Si tous admettent qu’une fois le problème rendu public la réponse européenne a été efficace, un certain nombre d’États membres, Allemagne en tête, estime que le système européen d’alerte rapide sur l’alimentation (RASFF) n’a pas bien fonctionné. Le commissaire en charge du dossier assure que ce système a très bien marché mais admet qu’il faut améliorer la transmission de l’information entre les États membres.


Selon les dernières informations de la Commission européenne, 26 États membres sont touchés par le scandale des œufs contaminés par l’insecticide fipronil (1). Seules la Croatie et la Lituanie y échappent encore. Et 19 pays tiers sont également affectés. « Toutes les exploitations soupçonnées ont été bloquées et les œufs et ovoproduits contaminés sont détruits », a affirmé le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis, lors de la réunion informelle des ministres de l’agriculture de l’UE le 5 septembre à Tallinn, mais il reste « encore du travail à faire ». Il a assuré que le système européen d’alerte rapide sur l’alimentation (RASFF) avait parfaitement fonctionné, mais, selon lui, c’est la communication entre ce système et celui sur les fraudes alimentaires qui devrait être améliorée.

Critiques

Le ministre allemand Christian Schmidt s’est montré le plus critique sur la gestion de cette crise. « Malheureusement, il faut constater que les informations étaient disponibles dans d’autres pays pendant des mois et ne nous ont pas été transférées », a-t-il regretté, appelant à la mise en place de règles uniformes à l’UE. Son homologue belge l’a soutenu, estimant qu’une adaptation du système d’alerte européen RASFF était nécessaire. D’autres ministres sont allés dans ce sens : le Français Stéphane Travert, qui a mis en avant les lacunes dans le flux d’informations, et la Slovaque Gabriela Matecna qui s’est demandée pourquoi le problème avait été notifié fin juillet, alors que les pratiques frauduleuses remontent à septembre 2016.

Mais le commissaire européen ne veut pas faire porter la faute par l’un ou l’autre des États membres (les Pays-Bas ont été particulièrement visés). Dans un premier temps, Bruxelles va envoyer fin septembre-début octobre des équipes, dont la mission sera « d’établir les faits », dans les quatre pays les plus affectés par le scandale, les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne et la France. Puis, une réunion des ministres de la santé des Vingt-huit et des agences de sécurité sanitaire européennes est prévue le 26 septembre sur ce dossier. « Ce n’est pas une réunion d’urgence, ce sera l’occasion de s’asseoir autour d’une table pour examiner les détails et discuter de la manière dont nous renforçons la coopération et rendons les canaux de communication plus fluides, plus efficaces », a indiqué Vytenis Andriukaitis, ajoutant  : « L’UE a toujours su tirer des leçons des crises alimentaires ».

(1) Voir n° 3607-3608 du 04/09/2017

(AG)



Téléchargement