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Vendredi 29 juin 2018

Renoncements


Lors du débat sur la Pac de l’après 2020 qui s’est tenu cette semaine, le représentant de la Commission européenne a souligné que la proposition de Bruxelles prévoyait de consacrer une partie des aides du 1er pilier à la restructuration des filières en s’inspirant du modèle viti-vinicole et de celui des fruits et légumes qui fonctionnent très bien. Par ailleurs, lors du congrès de la viticulture de Bordeaux en juillet 2017, le commissaire européen à l’agriculture avait insisté sur le fait que le vin était l’une des « success stories » de la Pac.

Il est quand même surprenant que soient montrées en exemple aujourd’hui les filières qui ont refusé catégoriquement de rentrer dans le moule commun de la Pac. Ne peut-on pas en tirer comme conclusion que l’on a fait une énorme erreur en créant une OCM unique, cherchant à gommer absolument toutes les spécificités des filières ?, qu’il faut redonner de l’aspérité à la Pac pour faire en sorte qu’elle colle davantage au terrain ?

Et si l’on va au bout du raisonnement, avec sa proposition de plan stratégique national, n’est-ce pas tout compte fait intelligent de redonner une marge de manœuvre aux États pour avoir une Pac qui s'adapte mieux aux réalités locales ? Au premier abord, on ne peut qu’adhérer, mais les responsables agricoles savent que dans un tel schéma, la France risque de se retrouver avec une tonne de contraintes et de contrôles en tout genre, contrairement aux pays voisins. Alors, dans ce contexte, le réflexe est de tout refuser en bloc. C’est avec ce type de raisonnement que l’on se retrouve aujourd’hui, réforme après réforme, avec une Pac qui ne veut plus rien dire.

Nicole OUVRARD



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