Depuis sa nomination comme commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos a multiplié les contacts avec les professionnels et le public pour préparer la Pac du futur. La conférence qu’il va organiser dans les prochaines semaines constituera l’étape ultime de cette vaste consultation, avant la présentation début novembre de la communication sur la réforme de la Pac après 2013. Les dernières rencontres avec les milieux professionnels confirment qu’il ne va pas être facile de concevoir des instruments permettant à la fois de soutenir le revenu des producteurs, de tenir compte de la volatilité des prix et d’assurer la sécurité alimentaire, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique ainsi qu’à la protection de l’environnement et de la santé publique et animale. D’autant que la crise actuelle risque de rendre encore plus délicates les négociations. Certains pays, le Royaume-Uni en tête, ayant déjà dans l’idée de dépenser moins pour la Pac de demain. Au fil des prises de position des uns et des autres, les marges de manœuvre pour aller vers de nouveaux horizons agricoles apparaissent de plus en plus réduites. Mais on a appris depuis longtemps à Bruxelles que l’essentiel est d’abord d’occuper le terrain en se montrant attentif aux préoccupations de tous, en sachant que, au bout du compte, les réformes ne sont que le fruit de compromis entre les Etats membres qui ne laissent guère de place aux grandes ambitions affichées au départ.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »