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Vendredi 13 octobre 2017

Recadrage


Pas de doute, Emmanuel Macron a fait preuve de toute son éloquence et de son leadership à l’occasion de son discours de Rungis, le 11 octobre. À n’en pas douter, ce discours fera date. D’une part pour les mesures qu’il a annoncées, si elles se concrétisent en loi comme il l’a promis, car elles sont largement plébiscitées. Mais c’est surtout pour le recadrage dont les filières ont fait l’objet. Jamais un chef de l’État ne s’est montré aussi direct, et même cinglant, devant les représentants des organisations et des entreprises agricoles et agroalimentaires. Le président de la République a endossé le ton et la costume d’un maître d’école qui est obligé de tancer ses élèves pour leur comportement – il a parlé de « luttes intestines » qui pourraient être fatales à certaines filières – et pour leur travail insatisfaisant. Organisation des filières : zéro ; stratégie à moyen terme : zéro ; respect de l’environnement : peut mieux faire ; capacité à répondre aux besoins des consommateurs : passable. Ce sont surtout les filières porcs et volailles qui ont "pris cher". Après cette distribution de mauvais points, le président Macron a distribué les devoirs : chaque interprofession devra rendre sa copie pour la fin de l’année en réalisant son « plan de filière » avec notamment des objectifs chiffrés à cinq ans sur la montée en gamme autour des labels, signes de qualité et bio. Et chacun à intérêt à répondre à l’injonction du président de la République car il y a le plan de 5 milliards d’euros à la clé ! Alors, il n’y a plus qu’à se mettre au travail, et réveiller les interprofessions qui étaient, depuis quelques années, tétanisées par le droit de la concurrence. Haut les cœurs !

Nicole OUVRARD



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