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Vendredi 01 juin 2018

Rabais et ristournes


Le projet de loi issu des Etats généraux de l'alimentation, dont la première lecture à l’Assemblée nationale vient de se terminer, prévoit une interdiction des incitations commerciales sur les produits phytosanitaires, sous forme de rabais ou de ristournes. Cette mesure s’inspire de ce qui avait été mis en place sur les antibiotiques dans la loi d’Avenir de Stéphane Le Foll. Les coopératives et le syndicalisme majoritaire s’insurgent, considérant que cela va engendrer une hausse des coûts de production pour les agriculteurs. Mais est-ce si sûr ? Aujourd’hui, le système de rabais et de ristourne qui revient aux agriculteurs est le fruit d’un système très complexe, qui est loin d’être transparent. Y interviennent les centrales d’achat des coopératives ou des négoces, parfois le groupe coopératif InVivo, les coopératives et le négoce, et la fidélité de l’agriculteur dans l’achat de ses intrants mais aussi parfois dans la livraison de ses productions. Au final, des rabais que les firmes phytosanitaires ont accordés aux centrales d’achat du fait de commandes groupées, quelle part « ruisselle » vraiment jusqu’aux agriculteurs ? Ne serait-ce pas plus simple d’avoir directement un prix bas négocié ? Il est connu que les prix des produits phyto en France sont chers par rapport à nos voisins européens. Au final, il n’est pas si sûr que cette mesure engendre un surcoût. En revanche, la séparation de la vente et du conseil va sans doute bouleverser considérablement l’organisation française de la distribution et du conseil mis en place depuis la sortie de la guerre. Là, c’est une autre paire de manches.

Nicole OUVRARD



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