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Vendredi 17 mars 2017

Qui dit mieux ?


Que penser des programmes pour l’agriculture des quatre principaux candidats à l’élection présidentielle. Sont-ils si différents les uns des autres ? À part le programme de rupture radicale de Marine le Pen, qu’on peut juger irréaliste, non, ils ne sont pas si différents. D’ailleurs pourraient-ils l’être ? La situation de difficulté du monde agricole est bien connue, de même que les causes de ces difficultés. Chacun veut actionner les rares outils de régulation dont dispose l’Europe libérale aujourd’hui. Chacun admet que les grandes surfaces sont allées trop loin dans l’écrasement des prix. Et qu’il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Chacun admet qu’il faut simplifier les normes, alléger les réglementations, ne pas surtransposer les normes européennes. Les agriculteurs peuvent s’en réjouir : quel que soit l’élu, ils pourront sur ce plan lui rappeler ses promesses.

De tout cela résulte un choix bien difficile s’il devait se faire sur des considérations strictement agricoles. Alors, n’est-ce pas sur un style, qu’il faut se prononcer ? Sur un tempérament. Une volonté. Une capacité aussi à bien chiffrer l’effort que l’État déploiera pour le monde agricole, à maîtriser et à utiliser les outils qui sont à la disposition des politiques. Une question d’ambition. Devant le SNPAR, Michel Dantin chiffrait la question : il indiquait que les États-Unis affectaient des crédits de politique agricole de 486 dollars par ha tandis que les Européens n’en affectent que 198 dollars par ha. Les chiffres ne disent pas tout. Mais ils témoignent tout de même de l’effort que la collectivité est prête à consacrer à une profession aussi vitale que celle des agriculteurs. Alors, c’est peut-être sur les rares chiffres évoqués qu’il faut se déterminer.

Hervé PLAGNOL



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