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Climat

lundi 01 mars 2010

Quand commencer à s’adapter au changement climatique ?


Pour les économistes du Conseil économique pour le développement durable un plan national d’adaptation au changement climatique est nécessaire. Dans un rapport publié le 17 février, ils préconisent aux pouvoirs publics de se focaliser sur quelques grands chantiers et insistent sur la nécessité de mettre en place des indicateurs pour déterminer quand commencer à agir selon les secteurs.

Le Conseil économique pour le développement durable (CEDD) a rendu, mercredi 17 février, au gouvernement son rapport sur « l’économie de l’adaptation au changement climatique » qui doit alimenter les réflexions en vue de la présentation du plan national d’adaptation au changement climatique. L’agriculture qui sera parmi les secteurs les plus touchés par le réchauffement climatique fait évidemment partie intégrante des réflexions. Trois groupes de travail, présidés par Michel Havard, député du Rhône, Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC, et Martial Saddier, député de Haute-Savoie, doivent rendre leurs conclusions en juin prochain afin que le gouvernement puisse présenter un plan définitif en fin d’année 2010. L’un des auteurs du rapport, Christian de Perthuis, économiste de l’Université Paris-Dauphine, rappelle qu’aujourd’hui « le changement climatique est là, il faut que nos sociétés se préparent quels que soient les efforts qui sont faits par ailleurs pour limiter ce réchauffement ». Selon lui, « il y a de grosses incertitudes, mais est-ce qu’au nom de ces incertitudes il ne faut rien faire ? Le plus difficile sera de trouver des indicateurs économiques pour déterminer le meilleur moment pour agir ». Quand arrêter les pratiques agricoles gourmandes en eau dans certaines régions ? Quand interdire les sports d’hiver dans les stations de moyennes montagnes (qui utilisent des canons à neige) ? Ou encore : quand déplacer les populations des côtes ? Et Dominique Bureau, délégué général du CEDD, d’ajouter : « De toute façon, l’adaptation se fait en situation d’incertitude, il faut admettre que parfois nous allons agir trop et d’autres fois pas assez ». Une chose est sûre, le plan devra se concentrer sur les besoins les plus urgents et ne pas chercher à résoudre tous les problèmes même si certaines questions de long terme, comme l’occupation des sols ne devront pas être laissées de côté.

L’eau, une question centrale
« Il faut penser l’adaptation comme un phénomène dynamique avec une révision régulière et une mise à jour. Plutôt qu’un plan rigide, il faut une série de plans qui s’ajustent progressivement au fur et à mesure que les connaissances avancent », recommande Franck Lecocq, économiste à AgroParisTech et co-auteur du rapport. En termes d’action publique, les auteurs estiment que sa légitimité n’est pas automatique. Certaines mesures qui génèrent des bénéfices privés ne doivent pas être soutenues. Ils appellent donc une réflexion au cas par cas. De manière générale, les économistes concluent qu’à « condition de correctement intégrer l’incertitude, le calcul économique constitue un outil pertinent d’évaluation des politiques d’adaptation au changement climatique ». Pour ce qui est de l’agriculture, c’est sur la question de l’eau que les tensions devraient être les plus importantes. Pour y remédier, les économistes évoquent des normes (interdiction de certaines cultures dans certaines régions) ou des instruments économiques (un tarif de l’eau suffisamment élevé pour jouer un rôle de signal-prix). L’adaptation de l’agriculture au réchauffement pourra également nécessiter la création de nouvelles filières qui demandera une coordination entre les pouvoirs publics et les organisations professionnelles. Autant d’actions qui doivent être anticipées sous peine de mettre en difficultés des filières entières.



(AG)

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Les agents de l’inspection vétérinaire condamnent la dégradation des conditions d’exercice de leur travail
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »