La Pac va-t-elle devenir, après 2013, la Pec (politique environnementale commune) ? Non, bien sûr, mais la tendance, dans les débats préliminaires sur la prochaine réforme agricole européenne, est bel et bien de faire de l’exploitant un fournisseur de « public goods », formule de plus en plus à la mode et censée signifier « services d’intérêt public », et de le subventionner pour cela. Rien que pour cela. Les titres de plusieurs participants au dernier Conseil « agricole » de l’UE sont, sur ce point, très significatifs. L’Espagnole Elena Espinosa, qui le préside actuellement, est ministre « de l'environnement, du milieu rural et du milieu marin ». Son homologue néerlandaise, Gerda Verburg, est chargée de l'agriculture (tout de même), mais aussi « du patrimoine naturel et de la qualité des aliments ». Leur collègue autrichien, Nikolaus Berlakovich, est quant à lui responsable du portefeuille fédéral « de l'agriculture et des forêts, de l'environnement et de la gestion de l'eau ». Lutte contre le changement climatique, contre la pollution de l’eau (l’affaire des nitrates bretons va être tranchée sous peu), pour la sauvegarde de la biodiversité, pour le bien-être animal, pour l’entretien des zones rurales et autres combats : l’agriculteur, souvent accusé de polluer, doit maintenant se transformer en rempart contre la détérioration générale de l’environnement. Nul doute que les aides directes, revues et corrigées après 2013, tiendront compte de cette responsabilité « publique ». Ce qui amène d’ailleurs certains, comme le député européen Stéphane Le Foll, a juger totalement dépassée l’architecture actuelle de la Pac, avec ses deux piliers distincts.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »