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Vendredi 08 juin 2018

Protection 2.0


On aurait fini par en douter, Trump a clarifié le débat.

Non, l’évolution des niveaux de protection aux frontières à travers le monde ne suit pas une simple fonction linéaire conduisant à zéro, comme pouvait le faire penser la monotonie des politiques commerciales conduites par Bruxelles au cours des dernières décennies.

C’est l’une des conclusions principales que l’on peut tirer de la décision de Donald Trump de relever les tarifs douaniers états-uniens sur l’acier et d’aluminium – bien malin, en revanche, celui qui pourra prédire l’effet de cette mesure sur l’économie de son pays.

Si le libre-échange – qui inclut la libre circulation des personnes – porte en soi un idéal, celui d’une utilisation optimisée des moyens de production à travers le monde, la poursuite de cet idéal peut aller à l’encontre des intérêts particuliers de certains pays et de leurs gouvernements, qui ont d’abord à défendre les intérêts de leur peuple – encore faut-il les comprendre – et non ceux du monde.

Il n’est donc pas moins rationnel pour un gouvernement de relever ses barrières aux frontières que de les abaisser. Faut-il en convaincre Bruxelles ? La Commission est-elle dogmatique, arc-boutée sur l’ouverture des frontières, comme on l’entend souvent en France dans le secteur agricole ?

C’est une question que la bataille engagée par la FNSEA et les JA contre les « distorsions », notamment envers le biodiesel, pourrait éclaircir. Les deux syndicats demandent des protections aux frontières européennes. Plus modernes et ambitieuses que de bons vieux tarifs douaniers. Que répondra Bruxelles, et en quels termes ?

Mathieu ROBERT



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