La décision de relancer la négociation d’un accord de libre-échange avec le Mercosur n’a pas fait l’unanimité, loin de là, parmi les membres de la Commission européenne. Mais, au sein de ce « collège », on évite de voter pour ne pas devoir étaler ses divisions. Et José Manuel Barroso la voulait, cette décision, malgré, entre autres, la mise en garde que lui avait adressée quelques jours plus tôt le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, avocat de la « préférence communautaire ». Avec tout le respect qu’ils doivent à leur président, trois commissaires ont fait part de leurs réserves, modestement inscrites pour l’instant au procès-verbal de la réunion. Il s’agit, bien entendu, du responsable de l’agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, qui ne peut que constater que l’ouverture du marché communautaire à la viande bovine brésilienne, argentine et uruguayenne, notamment, donnerait le coup de pied de l’âne à des régions d’élevage qui n’ont déjà pas la vie facile. Il s’agit aussi de Michel Barnier (marché intérieur), Français et ancien ministre de l’agriculture, ceci expliquant cela. Il s’agit enfin de Maire Geoghegan-Quinn (recherche), une Irlandaise qui sait que son pays a dû, pendant des décennies, une bonne partie de sa bonne santé à celle de l’industrie de la viande. Certes, l’Espagne, qui exerce la présidence tournante de l’Union, a toujours fait des relations avec l’Amérique latine une priorité. Certes, l’agriculture n’est pas le seul enjeu dans cette affaire. L’accord commercial avec le Mercosur envisagé à Bruxelles serait globalement positif, toutes branches économiques confondues. Mais – au-delà de l’impact sur un secteur qui se sent déjà orphelin et du désordre que de tels pourparlers bilatéraux ne manqueront pas de mettre dans le cycle de Doha – la décision promue par le président de la Commission et soutenue par son commissaire au commerce, le Belge Karel De Gucht, en dit long sur l’état d’esprit à Bruxelles à la veille du débat sur l’avenir du budget européen et de la Pac.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »