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Vendredi 28 septembre 2018

Précieuses agences


Le cahier des charges de la bio est-il le nouveau document de référence pour la sécurité sanitaire ? Oui, à en croire la mission parlementaire sur l’alimentation industrielle, qui a proposé mardi de supprimer plus de 80 % des additifs utilisés par l’agroalimentaire pour ne retenir que les seuls produits autorisés par le cahier des charges bio. Un constat désolant, et malheureusement logique qui rappelle qu’il y a urgence à ce que l’évaluation scientifique des risques sanitaires soit réformée, afin qu’on lui fasse enfin confiance : en France, une étape importante a été franchie par Stéphane Le Foll en confiant la pleine responsabilité des AMM à l’Anses, mais en a-t-elle les moyens, est-elle respectée sur le dossier du glyphosate ? En Europe, une réforme de l’Efsa est en cours à Bruxelles – elle doit aboutir de toute urgence à une évaluation inattaquable ! La confiance dans l’évaluation scientifique est un bien commun, précieux – et donc coûteux ! –, sans laquelle une société ne peut plus bénéficier du fruit de ses découvertes. Le cahier des charges bio, lui, n’est pas né sur la base d’une évaluation scientifique. Il a été conçu sur cette idée – absurde en théorie – que les produits chimiques « naturels » seraient meilleurs que les autres. Idée absurde en théorie, mais qui fut efficace en pratique, au cours des dernières décennies, en ce qu’elle a permis d’exclure nombre de pesticides dont les risques avaient été mal évalués… puisqu’ils furent finalement retirés du marché. Rappelons que la bio elle-même a besoin de l’Efsa pour évaluer les produits dits « naturels ».

Mathieu Robert



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