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Vendredi 22 décembre 2017

Plan de filière : la filière porc veut structurer une « nouvelle segmentation »


Face à la multiplication des démarches privées de segmentation (sans antibiotique, sans OGM…), l’interprofession porcine proposera des définitions collectives, afin de structurer une « nouvelle segmentation », située entre le standard et les labels. Ce plan de filière signe le retour annoncé de la Fict au sein de l’interprofession porcine. Un vote doit avoir lieu sur ce point le 9 janvier en comité directeur.


La proposition la plus marquante du plan de filière de l’Interprofession porcine (Inaporc), publiée le 19 décembre, est de structurer une « nouvelle segmentation » située entre le standard et les labels. Face à la multiplication des démarches privées (sans antibiotique, sans OGM…), l’interprofession veut proposer des définitions collectives, une « série de vade-mecum » qui puissent « servir de base » à ces démarches. « Il existe cinq définitions du sans antibiotique aujourd’hui », explique-t-on à Inaporc. Cette charte collective doit représenter 15 % de la production d’ici cinq ans.

Par ailleurs, l’interprofession propose – c’était la commande du ministère – une série d’objectifs pour monter en gamme : intégrer une démarche RSE au porc standard et pousser le développement des labels (5 % de bio, 8 % de label rouge, développement des IGP et AOP). Pour atteindre ces objectifs, l’interprofession veut renforcer la transparence sur les valorisations faites de chaque pièce. C’est l’un des challenges pour développer le bio dans cette filière, où la demande est forte sur certaines pièces, comme le jambon, mais beaucoup moins sur d’autres, comme les pieds de cochon, peut-on citer à l’extrême. Cela porterait la part de produits segmentés de 11 à 30 % en l’espace de cinq ans. « S’il y a une demande du marché », précise le président de l’Inaporc Guillaume Roué.

Comité de liaison avec les ONG, retour de la Fict

Autre innovation de ce plan de filière, les relations avec les ONG : Inaporc propose de créer dès 2018 un « comité de liaison » avec les associations représentant la société civile (consommateurs, environnement, bien-être, caritative). Enfin, politiquement, ce plan marque une étape importante pour la vie de la filière, puisqu’il a été validéepar la Fict (industrie de la charcuterie) qui avait claqué la porte de l’interprofession il y a presque deux ans maintenant. Il signe donc le retour du dialogue au sein de la filière, autour des questions sensibles de la segmentation et de la montée en gamme.

La Coordination rurale insatisfaite

La Coordination rurale a envoyé un courrier au coordinateur des États généraux de l’alimentation, Olivier Allain, « pour faire part de son mécontentement au sujet du plan de la filière porcine préparé par Inaporc », rapporte-t-elle le 8 décembre. Le syndicat émet principalement deux critiques : « L’interprofession veut monter en gamme en démarrant du standard, confie le président de la section porcine (Onep) Pascal Aubry. Pour nous, c’est se mettre un boulet au pied en termes de compétitivité ». La seconde divergence concerne les objectifs alloués au bio et labels que le syndicat considère « déconnectés du marché ». Selon Pascal Aubry, « à 5 %, on est déjà au-dessus de la consommation actuelle ». Le syndicat demande de son côté une montée en gamme encadrée par une gestion des volumes sur tous les segments de marché. La CR demande par exemple une déconnexion du cours du porc label rouge avec le cadran de Plérin.

Inaporc propose de créer dès 2018 un « comité de liaison » avec les associations représentant la société civile

La Fict votera le 9 janvier sur son retour au sein d’Inaporc

La Fict (industrie de la charcuterie) votera le 9 janvier en comité directeur sur son retour au sein de l’interprofession porcine (Inaporc), a indiqué à Agra Presse son nouveau président Bernard Vallat le 21 décembre. La Fict avait claqué la porte de l’interprofession il y a presque deux ans maintenant, sur fond de tensions sur la qualité des produits et les importations, rendues aiguës par des querelles de personnes, avait indiqué un rapport du ministère de l’agriculture. Le plan de filière, signé conjointement il y a quelques semaines par Inaporc et la Fict, a marqué symboliquement un retour du dialogue, après le départ de l’ancien président de la Fict Robert Volut en septembre.

MR