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Vendredi 26 janvier 2018

Penser printemps


Emmanuel Macron aura aussi innové avec ses vœux pour 2018, par rapport à ses prédécesseurs.
Les vœux à l’agriculture, c’est une grande première pour un président de la République. Et des vœux à Saint-Genès-Champanelle, commune de 3540 habitants en plein cœur du Puy-de-Dôme, c’est encore plus origi- nal pour un « président des villes ». Il l’a souligné au début de son discours: il ne s’est adressé spécifiquement qu’à deux catégories de Français: « les militaires et les paysans ».
En revanche, le discours a réservé moins de surprises, car il avait déjà tout dit à Rungis en octobre dernier. Depuis cette date, les États généraux de l’alimentation ont eu lieu, les plans de filières ont été remis, le projet de loi issu de ces États généraux est quasi dévoilé... les désillusions ont même eu le temps de s’installer, malheureu- sement, avec les négociations com- merciales qui ne sont guère différentes des années précédentes, malgré les engagements pris. Mais nous n’en sommes pas au désenchantement... Alors, en effet, il était temps que le président de la République s’adresse à nouveau au monde agricole, pour réenchanter l’agriculture, pour « pen- ser printemps pour notre agriculture », comme il le dit. Mais en même temps, le plan loup devra passer, les accords de libre-échange devront se faire, y compris avec le Mercosur, les filières agricoles devront se prendre en main pour développer une souveraineté alimentaire, dit-il. Et elles devront intégrer les enjeux environnementaux, car lui, il a « une politique assumée » en la matière. Et tout cela au pas de charge tout pendant 2018 avec en point d’orgue la révision de la Pac, sur laquelle il a dû justifier sa position. Alors haut les cœurs pour 2018.

Nicole Ouvrard



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