Sauf coup de théâtre, la Commission Barroso II entrera en fonction le 10 février, après avoir reçu la veille la bénédiction du Parlement européen. Mariann Fischer Boel cédera alors le portefeuille de l’agriculture et du développement rural à Dacian Ciolos. La Danoise, souvent assimilée à un épouvantail libéral, a beaucoup réformé, mais – du moins le confie-t-elle au moment de quitter Bruxelles – s’est toujours battue pour que la politique agricole européenne reste commune. En d’autres termes, pour éviter que celle-ci ne soit « fragmentée », c’est-à-dire tributaire de cofinancements nationaux. Nul doute que son successeur, ressortissant d’un nouvel Etat membre qui ne roule pas sur l’or, aura à cœur de résister, au moins dans un premier temps, à une telle tentation. Même si sa motivation est très différente de celle de son prédécesseur. L’ancien ministre roumain de l’agriculture devra en tout cas rentrer rapidement dans le vif du sujet – et commencer à se positionner. Le prochain Conseil des ministres sera consacré à une contribution de la présidence espagnole de l’UE qui ouvrira le débat sur les mesures de gestion du marché dans la Pac après 2013. Il sera aussi l’occasion pour le nouveau commissaire européen d’être confronté à sa première crise nationale, celle que connaissent aujourd’hui les agriculteurs grecs. Des idées et des réalités qui ne pourront que nourrir sa réflexion sur l’avenir de la Pac, dossier phare de son mandat.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »