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Vendredi 31 août 2018

Nicolas Tolstoï


Après quinze mois de maroquin, Nicolas Hulot en est venu aux mêmes conclusions que Léon Tolstoï, il y a 150 ans, à propos de l’homme de pouvoir. « Plus il est placé haut sur l’échelle sociale, plus le nombre de ceux avec qui il est en rapport est considérable, plus sont évidentes la prédestination et la nécessité inéluctable de chacun de ses actes », constatait le romancier russe, dans La Guerre et la paix. En d’autres termes, expliquait Tolstoï à propos de Napoléon, il n’y a pas de grands personnages dans l’histoire ; les hommes et femmes qui embrassent les plus hautes fonctions de l’État y sont autant portés qu’ils s’y sont hissés. Selon lui, ils passent la plus grande part de leur temps à justifier une action politique dont ils sont infiniment peu maîtres, et dont l’origine, la complexité et la force les dépassent. Bref, paradoxalement, la liberté des gens de pouvoir serait infiniment mince. C’est en ce sens que Nicolas Hulot s’adresse, non pas à Travert, à Macron ou à un personnel politique dont il voudrait se venger, mais à la société tout entière : « J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de la société », espère-t-il. Comme le rappelle Hulot, l’agriculture ne doit jamais cesser de vouloir reconquérir le cœur de la société, d'autant plus qu'elle devient minoritaire en effectifs. Et c’est quand elle y parvient que le personnel politique la suit, et non l’inverse. Cela ne signifie pas que le corps à corps quotidien auprès du personnel politique soit vain ; tous les détails comptent, surtout en agriculture, compte tenu de la faiblesse des marges.

Mathieu Robert, rédacteur en chef



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