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Vendredi 14 septembre 2018

Mystère breton


Il existe 50 AOP laitières en France, et pas une seule en Bretagne, première région productrice de lait du pays. Un mystère difficile à percer dans un territoire aussi marqué par cette production, et où les opportunités n’ont pas dû manquer. On peut citer l’exemple du Lait de la Prévalaye : quasiment inconnue aujourd’hui, cette « marque » de la région rennaise était, du XVIIe au XIXe siècle, aussi réputée que le beurre d’Isigny. Madame de Sévigné en était, paraît-il, friande. Mais depuis la disparition de cette marque dans les années 40, aucun projet de relance – il en a existé – n’a jamais abouti. Mystère donc. Lorsqu’ils se sont organisés, les éleveurs bretons ont choisi une marque à connotation régionale, Paysan Breton, et à valeur ajoutée moindre (au litre de lait) qu’une démarche de type AOP, mais devenue leader en volumes sur le marché français. La démarche du Lait de pâturage semble prendre le même parti. Lancée l’année dernière par le président de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, cette marque cherche à intégrer le plus grand nombre d’éleveurs dans l’aventure, quitte à modérer ses ambitions de valeur ajoutée au litre de lait. Une forme de solidarité à échelle régionale qui pourrait brider les démarches de plus petites échelles et à plus forte valeur ajoutée. À l’heure où Emmanuel Macron appelle l’agriculture française à monter en gamme, espérons que la stratégie bretonne continuera de rester payante pour ce territoire.

Mathieu ROBERT



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