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Lundi 18 octobre 2004 | surmortalité des abeilles

Moins de 1 % des abeilles touchées selon les services vétérinaires


Le ministère de l’Agriculture a rendu publique la synthèse des observations des services vétérinaires départementaux (DSV) concernant les surmortalités d’abeilles au printemps et dans l’été 2004. Selon ces données, 0,68 % du cheptel apicole aurait été concerné.


Au printemps et dans l’été 2004, les DSV ont été réquisitionnées par le juge Guary, en charge de l’enquête sur les surmortalités d’abeilles, pour signaler tous les cas de mortalités brutales ou de dépopulations d’abeilles sur le territoire français qui seraient portés à leur connaissance. La Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture en a fait une synthèse, qu’elle vient de rendre publique. Cette synthèse arrive après des déclarations très discordantes de la part des apiculteurs, des firmes phytosanitaires et semencières depuis la fin de l’été sur ce sujet.

Selon cette synthèse, 36 services départementaux n’ont enregistré aucun phénomène de mortalité. Pour les autres, les DSV ont enregistré 268 cas de ruchers touchés par des mortalités brutales ou des dépopulations en 2004. En nombre de ruches, cela correspond à « environ 8 800 ruches touchées sur 1 345 620 ruches en France, soit 0,68 % du cheptel apiaire français », précise le document.

16 cas d’intoxication par des phytosanitaires

Les DSV ont tenté d’expliquer les causes de mortalité des abeilles. Il est important de souligner qu’au moment de la rédaction de la synthèse, c’est-à-dire en septembre 2004, dans 135 cas, les causes n’étaient pas encore élucidées. Pour les autres, les services vétérinaires soupçonnent la présence de maladies dans 24 % des cas, des mauvaises pratiques apicoles (15 %) ou agricoles (11 %) ou encore un « climat défavorable » (13 %). Ils parlent aussi, pour 16 cas, d’intoxications par la présence de produits phytosanitaires, sans constatation de mauvaise pratique agricole. Les données ne sont pas toujours précises sur les produits phytosanitaires réellement détectées après analyses sur des abeilles mortes. En septembre dernier, la société BASF avait annoncé que le fipronil avait été détecté dans quatre cas : en Vendée, en Loire-Atlantique et en Pyrénées-Atlantiques. Emmanuel Butstraen, directeur général de BASF France, conteste les conditions d’intoxication, notamment à Longeville-sur-mer, en Vendée, où il considère que la parcelle de semis de maïs traitée au Régent TS était beaucoup trop éloignée pour toucher le rucher.

« Manque de moyens »

L’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) et la CNTESA (Commission nationale technico-économique et scientifique apicole) considèrent que « les DSV ne disposent à ce jour ni de moyens financiers, ni de moyens humains pour mener à bien les investigations d’intoxications que revendiquent à juste titre les apiculteurs ». « Il est vrai que c’est un sujet très mineur pour nous, reconnaît un agent d’une DSV, mais tout dépend des priorités que s’est fixé le directeur départemental des services vétérinaires pour réaliser ce suivi, imposé par la DGAL.» Cet agent regrette qu’il n’ait pas été possible de travailler davantage en binôme avec les services des SRPV (protection des végétaux), qui sont régionaux et non départementaux.