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Vendredi 21 avril 2017

Mise en garde du commissaire européen à l’agriculture contre la tentation du « Frexit »


Prônée par « certains responsables politiques », la sortie de l’UE serait en fait désastreuse pour les agriculteurs, selon le commissaire européen Phil Hogan, qui a tenu à se manifester dans le contexte de l’élection présidentielle française en s’en prenant aux « vendeurs de rêves », comme il l’avait fait auparavant pour le Brexit.


À neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle française, Phil Hogan a mis en garde, dans une tribune publiée le 14 avril par Le Monde, contre « certains responsables politiques », la candidate du Front national Marine Le Pen « en premier lieu », qui « ne vendent que des rêves » en prônant une sortie de l’UE, alors qu’un « Frexit » se traduirait en réalité, selon lui, par une forte baisse du revenu des agriculteurs et des exportations de leur secteur.

Le commissaire européen à l’agriculture avait lancé le même avertissement le 16 mars devant le congrès de la Fédération française des producteurs de lait (FNPL) en référence au Brexit (1). Il avait alors posé la question de savoir si les agriculteurs français vont suivre l’exemple britannique, « c’est-à-dire se retrouver avec des revenus incertains, sans un filet de sécurité solide ».

Un enjeu à 9 milliards €

« La “logique” selon laquelle la vie en dehors de l’Union libérerait les agriculteurs des prétendues restrictions imposées par la Pac, sans toutefois les priver des avantages offerts par cette dernière – ils continueraient d’en bénéficier, comme par magie, grâce à une politique agricole nationale exempte de lourdeurs bureaucratiques –, semble toujours prévaloir dans certains secteurs agricoles français », regrette Phil Hogan. « C’est en tout cas l’impression que j’ai ressentie lorsque j’ai rencontré récemment des producteurs laitiers français à Langres (Haute-Marne), et c’est pour cette raison que j’ai entrepris de faire tomber certains mythes », précise-t-il.

En 2015, le budget européen a dépensé en France 14,47 milliards €, dont 62,4 % (9,03 Mrd €) pour l’agriculture, par le biais essentiellement des paiements directs, 18,4 % pour le développement régional et 15,3 % pour la recherche et le développement.

La même année, la France a versé à la caisse commune 19,01 Mrd €.

(1) Voir n° 3587 du 20/03/17

(2) https ://bookshop.europa.eu/fr/agriculture-pbNA0216625/

Brexit : inquiétudes irlandaises, élections législatives britanniques

Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture, Michael Creed, le ministre irlandais de l’agriculture, de l’alimentation et de la marine, Mairead McGuinness, première vice-présidente du Parlement européen, et Martin Merrild, le président du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE), participeront le 24 avril à une conférence organisée par l’Irish Farmers' Association à Goffs, dans le comté de Kildare, sur le thème « Brexit : les impératifs pour les agriculteurs irlandais et le secteur agroalimentaire ».

À Londres, Theresa May a annoncé le 18 avril l’organisation le 8 juin d’élections législatives anticipées. La première ministre britannique a estimé que c’était la seule manière de garantir la stabilité politique du pays pendant les pourparlers avec l’UE sur le Brexit. La tenue de ce scrutin a reçu l’aval du Parlement par 522 voix pour et seulement 13 contre. Le président de la Commission de Bruxelles, Jean-Claude Juncker, considère, selon le porte-parole de l’institution, que « les réelles négociations politiques sur l’article 50 avec le Royaume-Uni débuteront après les élections prévues pour le 8 juin ».

« Un partenariat entre l’Europe et les agriculteurs »

La Commission européenne vient de publier et de rendre disponible (2), sous le titre « Un partenariat entre l’Europe et les agriculteurs », une synthèse de 16 pages expliquant comment la Pac s’efforce « d’établir les conditions permettant aux agriculteurs de remplir leurs différentes fonctions dans la société, la première étant de produire des denrées alimentaires ». Et ce, précise-t-elle, dans un environnement qui « devrait rester incertain et imprévisible » face à « de nombreux défis actuels et futurs, notamment la concurrence mondiale, les crises économiques et financières, les changements climatiques et l’augmentation des coûts des intrants tels que le carburant et les engrais ».

(FXS)



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