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Manifestation unitaire contre les réformesLe 2 mars, sur le stand du ministère de l’Agriculture au Salon de l’agriculture, une manifestation a réuni une centaine de fonctionnaires des services du ministère, de l’enseignement agricole, des services vétérinaires, de l’Office national des forêts, des haras nationaux et de l’Institut national de la recherche agronomique et de FranceAgriMer. En cause, la politique budgétaire et la révision générale des politiques publiques (RGPP). Les manifestants ont simulé un « die-in », allongés sur le sol, devant le stand du ministère, en scandant des slogans et portant des pancartes et banderoles avec les mentions « Halte aux suppressions de postes », « Laissez vivre le service public », « Non à la casse de l’ONF »… Ils dénonçaient des réformes dans les différentes structures, la politique budgétaire et la baisse des effectifs alors que les missions confiées aux différents services deviennent plus nombreuses et plus complexes.
Les services vétérinaires s’opposent à une réforme qui permet aux industriels d’estampiller eux-mêmes les produits, les vétérinaires étant chargés d’un contrôle de deuxième niveau. L’inspection de toute la chaîne alimentaire sera de moins en moins confiée à des vétérinaires, selon les syndicats. Actuellement, les services vétérinaires comptent environ 4500 agents (vétérinaires, techniciens et contrôleurs) dont un millier de vétérinaires inspecteurs. Les effectifs sont en baisse alors que les missions imposées par la Commission européenne sont en hausse, selon le syndicat Sygma-FSU. « Dans certaines régions, comme la Bretagne où il y a actuellement 800 à 900 agents, les départs à la retraite ne sont pas remplacés. Les contrôles seront transférés aux abattoirs eux-mêmes, aux industriels… », explique Jean-Claude Gautier, secrétaire national du syndicat Sygma FSU.
Haras nationaux : demande de retrait du GIP
Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, il est prévu de modifier les statuts des Haras nationaux. D’établissement public administratif, ils deviendraient groupement d’intérêt public nommé « France Haras ». 94% des agents des Haras refusent ce changement selon un sondage interne de la CGT, y voyant un transfert des activités du public vers le privé.
A l’INRA, le personnel critique une modification « incessante » du cadre de travail, et s’inquiète d’une « indépendance toujours menacée vis-à-vis de l’aval » et du « fonctionnement par projet à court terme ». Le syndicat CGT demande la restauration de l’emploi statutaire et du financement d’Etat stable, la restauration des départements de disciplines scientifiques dirigés démocratiquement, le maintien et la restauration des unités de recherche complète.
Le Snetap, pour l’enseignement agricole public, manifestait contre la baisse des moyens et les suppressions de postes. Il réclame la fin des fermetures de classes et des formations pour les nouveaux enseignants. Il refuse les mutations d’office et les licenciements. Enfin, il attend que les élèves de la voie professionnelle en difficulté ne restent pas sans solution à la prochaine rentrée.
Les services du ministère et services territoriaux manifestaient pour le rétablissement de 13% des emplois supprimés au budget 2010 dans les départements et le rétablissement des missions techniques et d’ingénierie dans les directions départementales. A FranceAgriMer, les manifestants dénoncent 455 suppressions d’emplois qui seraient programmées. (AFR) lundi 08 mars 2010
ONF : une exploitation de plus en plus intensive des forêtsL’Office national des forêts est dans une situation budgétaire délicate, selon les syndicats. L’office voit ses charges augmenter et ses recettes baisser. Une partie des cotisations des pensions civiles (retraites) lui a été transférée par l’Etat. Dans le même temps, le financement des collectivités pour l’entretien des forêts domaniales et communales (frais de garderie) est de moins en moins complété par l’Etat (140 millions d’euros en 2009). L’office trouve une autre part du budget (30% environ) dans les ventes des bois issus de l’exploitation forestière. La conséquence est une exploitation de plus en plus intensive des forêts, remarquent les syndicats CGT, SNAF UNSA forêts et Snupfen solidaires. « Depuis les années 60, le volume du bois récolté a augmenté de 60% », notent-ils dans un communiqué, s’alarmant que cette intensification soit contraire à une gestion durable. Malgré cela, les recettes provenant du bois sont en baisse. Depuis les années 60, « la recette provenant de ces ventes a baissé de 10% en euros constants ». Les cours dégringolent encore depuis 2007. En 2009, la perte de budget liée à la baisse des cours est de 150 000 euros (baisse de 20% des recettes du bois), selon les syndicats. Dans ce contexte, le coût du projet de transfert du siège social parisien à Compiègne, inquiète les agents de l’ONF. L’ONF compte environ 6500 fonctionnaires dont 3500 ouvriers forestiers. Les effectifs ont baissé de plus de 20% depuis les années 80, selon les syndicats, alors que les missions ont augmenté. Depuis septembre 2008, une restructuration est en cours, 458 emplois sont concernés. Une grève nationale – peu suivie selon le ministère – a eu lieu le 3 mars, jour où le nouveau président, Hervé Gaymard, a réuni son premier conseil d’administration.
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