Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 03 novembre 2017

Lyon a accueilli le premier forum européen sur l’agroécologie


Plus de 310 chercheurs, thésards, agriculteurs et ONG de 18 pays ont participé au premier forum européen de l’agroécologie à Lyon les 25, 26 et 27 octobre. Un événement utile pour échanger sur la recherche et les pratiques pour une communauté d’acteurs en constitution.


« Depuis 2009, on sent une forte accélération de l’intérêt scientifique et des pratiques agricoles autour de l’agroécologie », explique Alexander Wezel, enseignant chercheur spécialisé sur l’agroécologie à l’Institut supérieur d’agriculture et d’agroalimentaire (Isara) à Lyon et co-organisateur du premier forum européen en tant que vice-président de l’association Agroecology Europe. « L’agroécologie consiste à utiliser les services agrosystémiques fournis par la nature afin de produire des denrées agricoles tout en gérant durablement les ressources nécessaires que sont l’eau, le sol, l’air, les nutriments, les cycles du carbone ou de l’azote, etc. » Pour Alexander Wezel, l’impulsion donnée par la politique de Stéphane Le Foll a accéléré considérablement le développement de ce mode de développement agricole.

Plus de 4 000 publications scientifiques sur l’agroécologie en 2016

Cette approche de l’agriculture intéresse, autant les agriculteurs que la société civile et les chercheurs pour faire face aux nombreux défis du XXIe siècle. « Un système agroécologique a un impact très faible sur les ressources, il permet de lutter contre le réchauffement climatique, d’améliorer les revenus des agriculteurs, de préserver la qualité de l’eau, le sol et l’air, indique Stéphane Bellon chercheur à l’Inra et président d’Agroecoly Europe. La production scientifique autour de cette question augmente considérablement depuis quelques années. Plus de 4 000 publications scientifiques ont concerné l’agroécologie en 2016 car elle permet de répondre à de nombreux problèmes pour inscrire l’agriculture dans un modèle durable. »

Il est par contre difficile de dénombrer les agriculteurs ayant créé un système de production agroécologique complet. « De très nombreux agriculteurs en Europe et dans le monde utilisent des pratiques agroécologiques, poursuit Stéphane Bellon. Mais penser un système complet et optimisé, c’est encore assez rare. C’est par exemple ce qu’a fait un jeune agriculteur dans la Drôme qui a repris une exploitation en monoculture de maïs et qui l’a complètement redéfinie. Il produit maintenant plus de 40 espèces de végétaux avec de l’arboriculture, des plantes à parfum et médicinales, de la cameline et un peu d’élevage, utilisant les ressources de l’environnement au maximum. »

Plus de 4 000 publications scientifiques ont concerné l’agroécologie en 2016

« C’est extraordinaire ce qui se passe ici »

Ce premier forum européen sur l’agroécologie a ainsi permis d’accélérer la constitution d’une communauté d’intérêt et de créer du lien entre les différents acteurs de la recherche, de l’agriculture et des mouvements associatifs. « C’est extraordinaire ce qui se passe ici, s’enthousiasme Érin Silva, professeur en agriculture biologique au sein de l’université du Wisconsin-Madison aux États-Unis. L’intérêt pour l’agroécologie se développe tout juste aux États-Unis et l’on peut apprendre beaucoup de ce qui se passe en Europe. De plus en plus de farmers se penchent sur l’agroécologie comme solution face aux difficultés agronomiques qu’ils rencontrent : sols dégradés, multirésistances d’adventices aux herbicides, etc. qui entraînent des baisses de rendements parfois importantes. »

CP



Téléchargement