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Salon de l’agriculture

lundi 08 mars 2010

Les syndicats minoritaires en action


Cette 47e édition du Salon de l’agriculture a été marquée par une forte mobilisation des syndicats et organisation minoritaires. Le 1er mars, plus de 1 000 éleveurs laitiers de l’Apli, de l’OPL et de l’EMB se sont réunis en un long cortège « funèbre » pour montrer le désespoir paysan. Un type de manifestation pour le moins inédit au sein du salon. Le 3 mars, la Confédération paysanne passait à l’action en déroulant une longue bâche noire en signe de deuil. Plus de 500 militants réunis en petits groupes ont parcouru le salon en distribuant des tracts aux visiteurs alertant sur la situation difficile des paysans.

Ils devaient n’être que quelques centaines, ils ont finalement été plus de 1000 producteurs de lait adhérents à l’Apli, l’OPL et au niveau européen à l’EMB, à défiler à l’intérieur de Salon de l’agriculture, ce 1er mars. Un cortège avec en tête un cercueil et des banderoles pour le moins explicites : « Seigneur Sarkozy, comment faut-il le dire : on crève ! ». Une première depuis une petite quinzaine d’années. Une manifestation « digne », sans débordement, comme l’a souligné le leader de l’Apli, Pascal Massol, premier surpris de l’ampleur de la mobilisation. Ce cortège qui a traversé le hall 1 et une partie de « l’Odyssée végétale » au son des cloches ramenées par les éleveurs suisses a terminé son périple à l’extérieur du salon où un « sit-in » a été organisé. Le chant « Lève-toi producteur de lait » a plusieurs fois retenti avant que les participants, plutôt jeunes, se dirigent dans la salle où s’est tenu le meeting. En raison de l’affluence, seule une partie des participants a pu y accéder, les accès ayant été bloqués.

Une reconnaissance tacite
Le meeting des organisateurs a accueilli en tribune Pascal Viné, le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, en compagnie d’un représentant de l’EMB et de l’OPL. Il a joué le jeu difficile des questions réponses avec les participants pendant près d’une heure et demie. Une présence loin d’être neutre dans le contexte syndical que l’on connaît. « Cette présence ne doit pas faire plaisir à tout le monde », ironisait le président de l’OPL, Daniel Condat, faisant référence à la FNSEA.
L’un des stands de la FNSEA a d’ailleurs été « visité » pacifiquement par un petit groupe d’adhérents de l’Apli, le matin du 1er mars. Dominique Barrau, le secrétaire général de la FNSEA, est venu à leur rencontre pour discuter.
Pour Pascal Massol, « la filière lait est assez riche pour nourrir tout le monde ». En ligne de mire de l’Apli : les industriels laitiers qui se « goinfrent » sur le dos des paysans. Autre crainte des éleveurs : devenir les « esclaves » des industriels notamment par la contractualisation.

Une lecture européenne
Sur le fond, Pascal Viné n’a pas fait d’annonce, mais a indiqué « n’avoir pas d’opposition de principe sur l’office du lait européen » défendu par l’Apli, même « s’il fallait faire attention au statut » de cette instance. « Je suis très mal placé pour me positionner contre alors que je défends l’organisation de producteurs. En plus, on a besoin d’avoir une lecture européenne », a-t-il ajouté. À la question de la reconnaissance de l’Apli par les pouvoirs publics, Pascal Viné a rappelé que légalement, la représentativité résulte des élections aux chambres d’agriculture. « Soit on change les règles, soit on bouge les lignes », a-t-il conclu.

Sensibiliser les citoyens
La Confédération paysanne est passée à l’action le 3 mars. Cette journée de sensibilisation a débuté par une distribution de lait aux visiteurs du salon. Plus tard, les militants ont déroulé une longue bâche noire en signe de deuil. Plus de 500 militants réunis en petits groupes ont parcouru le salon en distribuant des tracts aux visiteurs alertant sur la situation des paysans « dont 1 sur 2 a un revenu inférieur au smic » et « un quart des ménages d’agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté ». L’idée est bien d’interpeller le consommateur : « Les citoyens ont leur mot à dire dans l’avenir de l’agriculture », peut-on lire sur le tract. La politique française et européenne actuelle qui « vise à une industrialisation forte de la production agricole » pousse « à la désertification de nombreuses régions, contrairement au besoin de rapprochement entre producteurs et consommateurs ».
Sans ces mouvements d’humeur de quelques militants, les visiteurs du salon n’auraient aucune idée du désespoir du monde paysan. Pourtant il est réel. Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA parle du « paradoxe du Salon de l’agriculture ». Le monde agricole y montre ce qu’il a de meilleur alors que les agriculteurs sont dans le désarroi.



(SB)

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Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »