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Vendredi 08 septembre 2017

Les propositions des chambres d’agriculture pour revaloriser la production agricole


Les chambres d’agriculture attendent beaucoup des États généraux de l’alimentation. Avec un représentant dans chacun de 14 ateliers, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture entend bien faire entendre sa voix, et porter des solutions pour recréer de la valeur pour les agriculteurs.


« Nous attendons des mesures concrètes que nous allons suggérer », a déclaré Claude Cochonneau à propos des États généraux de l’alimentation (EGA). À l’occasion d’une rencontre avec la presse le 6 septembre, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) souhaitait rappeler tout l’engagement des chambres au service des agriculteurs, dans le cadre de ces rencontres sur l’alimentation censées porter des solutions pour recréer de la valeur dans la chaîne alimentaire. Une valeur que l’APCA veut voir revenir aux agriculteurs. « C’est au niveau de la production que la valeur est détruite », a noté Jean-Louis Cazaubon, vice-président de l’APCA.

Territorialisation de l’alimentation

« En territorialisant, peut-on récupérer de la valeur ? Oui ! », affirme Jean-Louis Cazaubon. « Le comté, le laguiole, le roquefort sont des exemples », poursuit-il. Pour le vice-président de l’APCA, il est impensable d’homogénéiser la production. Au contraire, il faut défendre la diversité française. « Je vous rappelle que la gastronomie française est au patrimoine mondial de l’Unesco ! ». Jean-Louis Cazaubon estime qu’« il faut sortir de la production de minerai, de produits anonymes qu’on peut chercher aux quatre coins du monde ». D’autant plus que territorialiser l’alimentation, sur le modèle des projets alimentaires territoriaux portés par les chambres d’agriculture, permet non seulement de mieux valoriser les produits, mais également de créer de l’emploi sur le territoire.

Alléger la LME

Il ne suffit cependant pas de créer de la valeur dans les produits de niches et grâce aux modes alternatifs de distribution. « La vente directe ne représente que 3 % du chiffre d’affaires agricole ; le bio, 8 % », note André Bernard, qui représente l’APCA à l’atelier n° 6 sur l’adaptation de la production agricole aux besoins des différents marchés. « Cela fait 11 % au total. Même si on progressait pour atteindre 15 %, il reste encore 85 % pour lesquels il faut créer de la valeur ».

Et pour ce faire, l’atelier sur les relations commerciales et contractuelles peut apporter des solutions. « Si l’on poursuit les débats comme lors de la première réunion, je pense que l’on peut aboutir à des solutions », a annoncé Daniel Roguet, vice-président de l’APCA, qui a participé à la première réunion de l’atelier n° 7 le 31 août. Parmi les propositions qui ont émergé des débats, celle d’alléger la LME ou de mieux encadrer les promotions dans la grande distribution.

Un fonds de transition

Pour les chambres d’agriculture, une partie des 5 Mrd € promis par Emmanuel Macron dans le cadre de ces EGA devrait abonder un fonds de transition qui financerait l’accompagnement vers la performance et la compétitivité des exploitations françaises. Il ne s’agirait pas d’un fonds d’investissement pour financer l’agrandissement des exploitations, précise Claude Cochonneau, mais d’un fonds pour financer des audits du fonctionnement des exploitations et en fonction de ces derniers, d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques plus vertueuses au niveau économique, social et environnemental.

Ces pratiques, financièrement plus efficaces pourraient par ailleurs répondre aux attentes de la société civile. Celles-ci ont été énoncées le 30 août, à l’occasion de la première réunion de l’atelier n° 1. Les consommateurs demandent de la qualité, de la traçabilité et des prix bas, rapporte Pascal Ferey, représentant de l’APCA à cet atelier. Mais pour répondre à ces attentes, les agriculteurs attendent une rémunération en échange. Celle-ci pourrait passer par la valorisation financière des externalités positives de l’agriculture en matière d’environnement, estime Pascal Ferey.

« Il y a peu de réunions et nous n’avons pas de temps à perdre », a affirmé Claude Cochonneau. Face à ce constat, l’APCA veut être proactive et proposer. « J’espère juste que les conclusions des États généraux de l’alimentation ne sont pas écrites à l’avance », a conclu Jean-Louis Cazaubon.

Pour les chambres d’agriculture, une partie des 5 Mrd € devrait abonder un fonds de transition

BB



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