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Lait

lundi 28 juin 2010

Les modalités de la contractualisation divisent l’interprofession laitière


Le moment est mal choisi. Alors que la loi de modernisation de l’agriculture, laquelle formalise la contractualisation, va être examinée à partir du 30 juin prochain à l’Assemblée nationale, deux acteurs de l’interprofession laitière, à savoir les industriels privés (Fnil) et les producteurs (FNPL), montrent au grand jour leur désaccord sur les modalités de cette contractualisation par communiqués de presse interposés. La Fnil estime que les augmentations de prix (au maximum 10 % sur 2010) doivent s’appliquer « sur la totalité de la référence des producteurs » y compris les 2 % d’augmentation « européenne » du quota. Elle rappelle ainsi implicitement qu’elle s’oppose aux propositions faites de double volume-double prix, émanant notamment de la FNPL dans le cadre de la future contractualisation. Le FNPL estime « qu’un certain nombre d’entreprises laitières viennent de donner un coup de couteau dans le dos de la contractualisation ». Pas moins.

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a dû être surpris. Celui qui, le 23 juin, exprimait aux présidents des chambres d’agriculture sa satisfaction de voir le « sujet de la contractualisation faire l’objet de consensus » même auprès des syndicats minoritaires, doit vivement regretter que la filière laitière ne montre pas l’exemple. Ce 24 juin, la FNPL (producteurs) estime qu’un « certain nombre d’entreprises laitières viennent de donner un coup de couteau dans le dos de la contractualisation ». La faute à la réunion du 22 juin sur les éléments de tendance pour le prix du lait du troisième trimestre. Ce rendez-vous de l’interprofession laitière s’est mal passé. Pour preuve, la FNPL a réagi, le 24 juin, en revenant sur les griefs des entreprises. Le syndicat accuse les transformateurs laitiers de « faire fi de l’accord du 3 juin 2009 », de « faire fi de l’attitude responsable des producteurs lors des réécritures des grilles de saisonnalité en région, « de faire fi des avancées de la FNPL sur la manière de gérer les volumes tout en restant connecté avec l’environnement européen ».

Un seul prix sur toute la référence
La fédération des industriels (Fnil) qui prend acte de la tendance haussière du prix du lait de juillet (Cf encadré) explique, le 22 juin dans un communiqué que ces augmentations de prix doivent s’appliquer « sur la totalité de la référence des producteurs » y compris les 2 % d’augmentation « européenne » du quota et les prêts de quotas que les entreprises alloueront à leur producteurs.
En faisant cette précision, la Fnil rappelle ainsi implicitement qu’elle s’oppose aux propositions faites de double volume-double prix, initiées par la FNPL dans le cadre de la contractualisation. D’où l’exaspération des producteurs représentés par la FNPL.
Dans ce contexte, cette dernière « voit mal comment pourrait, après le vote de la loi, s’engager la mise en application de la contractualisation. C’est peut-être ce que cherchent certaines entreprises ? », s’interroge-t-elle dans un communiqué. Si l’interprofession laitière n’arrive pas à trouver un consensus sur les modalités de la contractualisation, ce sera à l’Etat de trancher par décret en Conseil d’Etat, prévoit la loi de modernisation. Pas certain qu’à ce jeu, l’interprofession laitière sorte renforcée dans ses rôles et ses missions. Bruno Le Maire qui avait été obligé, le 30 mars, de convoquer la filière, en raison du non-respect de l’accord du 3 juin 2009 sur le prix du lait, risque de devoir à nouveau intervenir pour siffler la fin de la partie.



(SB)

lundi 28 juin 2010

La Fnil valide une « augmentation du prix du lait de 10 % en 2010 »

Le 22 juin, la Fnil (industriels privés) indiquait dans un communiqué qu’elle prenait acte de la tendance haussière des prix pour le mois de juillet. « Elle s’inscrit dans une tendance annuelle d’augmentation du prix de l’ordre de 10 % sur l’année 2010 ». Un niveau d’augmentation que la Fnil se dit donc prête à valider. Sauf que la hausse du prix du lait pourrait dépasser 10 % sur l’année 2010. « Ces entreprises ont repris leurs vieilles habitudes de vouloir, sans arrêt, grappiller des euros et fixer unilatéralement le prix du lait aux producteurs », affirme la FNPL dans un communiqué le 24 juin. La Fnil qui insiste sur cette tendance à la hausse rappelle que « le prix du lait de 2010 en France devrait ainsi se situer parmi les meilleurs de ces dernières années ». Le prix allemand pour le mois de juillet 2010 devrait atteindre environ 308 euros/1000 litres. La Fnil insiste depuis longtemps pour que le prix français « accroche » le prix allemand, mois par mois. Ce que condamne la FNPL. « Ce problème de compétitivité avec l’Allemagne est un faux prétexte », estime-t-elle. La Fnil qui explique que ces augmentations de prix doivent s’appliquer « sur la totalité de la référence des producteurs » précise que les entreprises appliqueront des taux d’allocations provisoires de 0 à 5 % pour cette campagne. La réunion du conseil laitier de FranceAgriMer du 24 juin, devait aborder ce sujet. La décision finale revient au ministère de l’Agriculture.



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Les viticulteurs dans la course aux présidentielles sur les droits de plantation

La profession viticole est dans la course aux présidentielles sur les droits de plantation, dont elle milite pour le maintien. C’est ce qu’a montré une des nombreuses réunions régionales, qui s’est tenue le 6 février à Angers autour de parlementaires et d’élus locaux. « Le calendrier est très serré. Il faut que nous obtenions la majorité qualifiée des ministres de l’Agriculture de l’UE avant les élections présidentielles », a indiqué Pascal Bobillier Monnot, directeur de la Confédération nationale des vins AOC. Il s’est exprimé au Salon des vins de Loire devant une quinzaine d’élus locaux (maires, représentants de régions, comme la vice-présidente de la région Centre, et de départements) et de députés (dont Serge Poignant, président de la commission économique de l’Assemblée nationale). « Tout le monde est d’accord sur la thématique de la régulation, mais si vous regardez concrètement, vous ne verrez pas d’outils proposés », a-t-il regretté, estimant que l’administration de la Commission (et non le commissaire Ciolos) fera son possible pour diviser les pays partisans du maintien des droits.