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Vendredi 27 janvier 2017

Les hypothèses du scénario Afterres 2050


L’association Solagro vient d’actualiser son scénario Afterres 2050, qui permettrait à l’agriculture française d’atteindre des objectifs environnementaux élevés en 2050, en maintenant « la production végétale primaire » nationale. Retour sur les principales hypothèses du scénario : très fort développement des cultures intermédiaires, conversion de 50 % de surfaces de céréales en bio, et baisse significative de la consommation alimentaire par personne, notamment de viande et de lait.


Le scénario Afterres 2050 décrit comment il serait possible de  «maintenir une production végétale primaire à un niveau proche de celui d’aujourd’hui en divisant par trois l’ensemble des intrants et rejets négatifs sur l'environnement» : émissions de gaz à effet de serre et d’ammoniac, consommation d’azote minéral, d’énergie, de produits phytosanitaires... Pour y parvenir, Solagro se repose sur de multiples hypothèses, qui vont la consommation à la production.

Une baisse de 10% de la consommation alimentaire par personne

Du côté de la consommation, Solagro parie sur une diminution «des surconsommations» d'un tiers (manger moins riche en protéines, moins gras, moins sucré), une diminution des pertes et gaspillages de 50 %, et une inversion du rapport protéine animales / protéines végétales (vers 60% d’origine vé́gétale et 40 % d’origine animale). Si bien que le volume globale de denrées alimentaires achetées par les Français d iminuerait (-10% par personne en gramme/jour). A l'échelle du pays, il ne diminuerait que de 2%, à cause de l'augmentation de la population (72M habitants en 2050), tandis qu'il augmenterait de 13 % dans le scénario «tendanciel». Concrètement, l'assiette Afterres 2050 est plus riche en céréales, fruits, légumes, fruits à coques, qui contiendrait deux fois moins de lait et de viande.

Baisse du rendement de blé à 5,2t/ha

Quelles seraient les conséquences sur la production? Afterres 2050 postule un besoin plus élevé de céréales. Pour autant, avec Afterres, la France ne produit pas plus de céréales. Elle produit moins de blé (-10Mt), moins d'orge (-5Mt), moins de maïs grains (-8,1Mt). Afterres postule que la France rogne son excédent commercial ; le so lde exportateur  de «céréales et maïs» passerait de 31 millions de tonnes en 2010 à 20 Mt en 2050.
Coté rendements, c'est la chute: en moyenne, la parcelle de blé tendre produirait moins de blé tendre à l'hectare (de 7,1 t/ha e  2010 à 5,2 en 2050) ; à cause du passage en bio pour 50% des surfaces nationales, de la " présence de cultures associées ou intermédiaires », et de « la diminution de la surface semée du fait de l’implantation d’infrastructure  agroécologique».

52,9 millions de tonnes de cult ures intermédiaires

Pour «maintenir une production végétale primaire», Afterres mise sur un très fort développement des cultures intermédiaires (récoltées pour fourrage ou méthanisation, ou utilisées comme engrais vert). Leur production passerait de 1,9Mt aujourd'hui à 52,9Mt en 2050, soit presque autant que la production totale de grains (53,8Mt) . Afterres parie aussi sur l'association de cultures (...) pratiquée sur 20 % des terres arables». Cela engendre notamment le développement des protéagineux, dont les surfaces passent de 300 000 hectares à 2,3Mha, soit autant que les oléoprotéagineux. Côté pratiques culturales, Afterres postule que le non-labour sera «généralisé, avec semis direct lorsque c’est possible, ou avec  travail superficiel du sol sinon».

Des cheptels diminués de moitié

En élevage, la coupe est drastique dans le cheptel bovin. Celui-ci est presque divisé par deux. Il passe de 7,9 millions de têtes à 4,29M en 2050. La production nationale de viande bovine est divisée par deux, elle passe de 1,5Mt à 0,85Mt. La production laitière se maintient mieux, passant de 24,8Mt à 17,3Mt. Les vaches sont réorientées vers une alimentation herbagère, la proportion de vaches mixtes augmente, et elles sont par conséquent moins productives en moyenne. Les productions de porcs et de volailles subissent presque le même sort, divisées peu ou prou de moitié en tonnages, et réorientées massivement vers le Bio. Les cahiers des charges dit « standard » en élevages monogastriques deviennent résiduels (10 % des élevages).

MR



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