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Lundi 29 juin 2015 | etude

Les exploitations agricoles moins nombreuses mais plus grandes


En 2013, la France métropolitaine comptait 450 000 exploitations agricoles, selon les données Agreste publiées le 17 juin. C'est 8% de moins qu'en 2010. La surface agricole utile (SAU) n'ayant baissé sur la même période que de 0,3%, on constate un agrandissement des exploitations, dont la taille moyenne augmente de 8%, à 61 ha.


Quelque 50 000 exploitants agricoles ont été interrogés en 2013 afin de réaliser une photographie de la situation générale des structures agricoles et de la comparer aux derniers chiffres disponibles, datant de 2010. Les questions portaient sur la campagne 2012-2013. Publiés le 17 juin dernier, les résultats donnent des indices sur la tendance actuelle : des exploitations moins nombreuses, mais plus grandes et plus riches.

La baisse du nombre d'exploitation (-8%) est un phénomène régulier (-3% par an). La baisse de la SAU quant à elle, semble enfin enrayée (-0,3%). Ces deux données combinées expliquent une augmentation de 8% la superficie moyenne des exploitations qui passe de 56 à 61ha.

Les prix, des céréales notamment, influent sur les statistiques

La production brute standard (PBS), qui donne des indications quant à la dimension économique des exploitations, est en hausse de 20%, passant de 104 000€ à 125 000€ en moyenne par exploitation. Le nombre d'exploitations dites « grandes » (PBS>100 000€) augmente de 9%. Représentant 176 000 exploitations, elles sont désormais les plus nombreuses. Dans le même temps, le nombre de petites et moyennes exploitations a chuté de 20%. Une tendance qui s'explique en partie par le contexte de prix favorable, qui a fait passer un certain nombre de structures de « moyennes » à « grandes ». 68% des exploitations sont désormais moyennes ou grandes (PBS>25000€). Elles occupent 93% de la SAU (91% en 2010) et dégagent 98% de la PBS totale (97% en 2010).

Plus de grandes cultures et plus de groupements

Selon la méthodologie de l'étude, la qualification des exploitations est basée en fonction du critère suivant : pour être dite « spécialisée », l'exploitation doit tirer au moins 2/3 de son PBS de la spécialisation en question. Le prix des céréales ayant été favorable sur la période 2012/2013, de nombreuses exploitations de polyculture ont été classifiées en « grandes cultures » (+11%, soit 80 000 exploitations au total). En 2013, on dénombrait ainsi, pour les moyennes et grandes exploitations, 27% en bovins, 26% en grandes cultures et 15% en viticulture.

L'étude constate une baisse de 3% du nombre de structures moyennes et grandes sous forme individuelle. Elles restent cependant majoritaires, passant de 55% à 52%, mais leur attractivité moindre bénéficie particulièrement aux EARL qui représentent désormais 27% des exploitations (24,5% en 2010). La tendance au groupement va da pair avec l'agrandissement des exploitations : 3 grandes exploitations sur 10 seulement sont sous forme individuelle, contre 8 sur 10 pour les petites et moyennes exploitations.

Un quart des exploitations françaises dans un massif montagneux

Près de 120 000 exploitations agricoles, soit un quart des exploitations de France métropolitaine, étaient dans un massif montagneux en 2010 et 79 000 d'entre elles en zones de montagne (17% des exploitations totales), selon une étude publiée le 17 juin par Agreste, la statistique agricole du ministère de l'Agriculture.

Ces exploitations, situées dans des zones dites « défavorisées » peuvent obtenir des aides communautaires spécifiques. Une façon de maintenir l'agriculture, à majorité familiale, dans les espaces montagneux.

L'étude indique qu'entre 1988 et 2010, le nombre d'exploitations en zone de montagne a baissé de 48%. L'éle-vage est majoritaire dans ces exploitations de dimension économique bien souvent petite, c'est-à-dire dont la PBS est inférieure à 25 000 euros annuels (44%). Les exploitations de montagne occupent 3% de la SAU nationale et sont en grande partie constituées de surfaces toujours en herbe (69% de la SAU qu'elles occupent, contre 21% seulement dans les zones hors de montagne). Les conditions géographique laissent en effet peu de place à d'autres types de cultures (29% de terres labourables, 2% de cultures permanentes type vignes, fruits et légumes).

(BB)



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