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Prospective

lundi 05 juillet 2010

Les cessions de terres agricoles dans les pays en développement pourraient être labélisées


Le 28 juin, le Centre d’analyse stratégique a présenté à Paris un rapport sur les cessions de terres agricoles à des investisseurs étrangers dans les pays en développement. Commandé par la secrétaire d’Etat à la prospective et au développement numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, il propose notamment la création d’un label « agro investissement responsable ».

«Faute d’un encadrement suffisant, trop d’achats de terres agricoles dans les pays en développement aboutissent à des effets déplorables », a regretté Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement numérique, le 28 juin à Paris. Elle intervenait dans le cadre de la remise du rapport qu’elle a commandé au Centre d’analyse stratégique (CAS) sur « Les cessions d’actifs agricoles à des investisseurs étrangers dans les pays en développement ». L’ensemble des investissements agricoles dans les pays du Sud étant amené à prendre de l’ampleur dans les années à venir, elle souhaitait « que le CAS réfléchisse aux moyens de (les) encadrer, de (les) réguler ». Présidé par Michel Clavé, directeur de l’agriculture et de l’agroalimentaire du groupe Crédit agricole, le groupe de travail à l’origine du rapport a établi sept recommandations. Celles-ci débutent par un constat : « La France et l’Union européenne ne peuvent adopter de règles unilatérales contraignantes sur la cession d’actifs agricoles dans les pays en développement ». Ce serait pour elles se faire du tort en matière de compétitivité. Mais cela ne doit pas pour autant les empêcher d’inscrire leur action dans le cadre des bonnes pratiques internationales définies par la FAO ou la Cnuced, par exemple. Et surtout, principale recommandation des auteurs, elles pourraient créer un « label agro investissement responsable », attribué aux investisseurs. Il s’agirait pour ces derniers de « diminuer les risques de long terme associés au projet » et « d’obtenir de meilleurs taux d’emprunt ».

De la publicité auprès des consommateurs

L’étude ajoute que « la publicité de ce label auprès des consommateurs pourrait favoriser la vente des produits correspondants ». Sur le plus long terme, il pourrait faire partie des exigences imposées par l’UE concernant ses importations de produits agricoles en provenance des pays en développement. Il s’articulerait autour de deux axes : « la transparence auprès de l’ensemble des acteurs impliqués » et des « études d’impacts économiques, politiques, environnementales et sociales ». « Cette labelisation doit être conçue comme un gage de sécurité », tant pour l’investisseur que pour l’Etat hôte, qui « disposerait d’une stratégie structurée et responsable de l’investisseur », souligne le rapport. Ce qui pourrait entre autres se traduire par l’obligation pour l’investisseur de s’engager à produire l’énergie qui lui est nécessaire à partir de sources renouvelables locales. Toujours dans cette logique de sécurisation de l’investissement, le rapport recommande également la création de fonds « responsables » dédiés soit au financement de projets d’investissements dans des actifs agricoles, soit au développement agricole local. Des mesures qui semblent se développer, à l’image de plusieurs programmes mis en place par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international. Les auteurs insistent aussi sur la nécessité pour l’agriculture des pays les moins avancés (PMA) de bénéficier de règles particulières et adaptées au sein de l’OMC. Prospectif avant tout, le rapport propose des idées. Reste à voir dans quelles mesures les décideurs vont s’en inspirer.



(VN)

lundi 05 juillet 2010

Créer des partenariats avec les pays accueillant des investisseurs européens ou français

Le rapport du CAS diffusé le 28 juin évoque également des mesures moins originales mais probablement plus simples à mettre en œuvre. Parmi celles-ci : la mise en place d’accords de partenariats entre les pays accueillant des investisseurs européens et la France ou l’Union européenne. Ces accords viseraient à développer le secteur agricole des premiers et à sécuriser les investissements des seconds. Ils « pourraient comporter une aide financière ou technique », signalent les auteurs.



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Les agents de l’inspection vétérinaire condamnent la dégradation des conditions d’exercice de leur travail
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »