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Salon de l’agriculture

lundi 08 mars 2010

Les « bonnes intentions agricoles » des politiques en campagne


Le bal des politiques au Salon de l’agriculture, à quelques jours des élections régionales, n’a pas déçu pour la 47e édition de ce rendez-vous. La décision de Nicolas Sarkozy de venir faire la clôture, le samedi 6 mars, a quelque peu libéré le protocole et la parole. Les responsables politiques ont été nombreux à faire leur tournée. Tous avec le souci de contredire le fait que les paysans ne représentent plus rien aux yeux des politiques. Ils avaient tous une très bonne raison de venir. Et, pour ceux qui ne savaient pas réellement à quel titre ils venaient, comme Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre, le « plaisir et l’envie d’apprendre » a fait le reste.

«Le vote agricole reste un vote sensible ». L’expression est de Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA. Pour preuve, l’étude Ifop parue dans le Figaro le jour d’ouverture du Salon de l’agriculture marque un décrochage de 9 points, en une année, pour Nicolas Sarkozy sur cet électorat. Un capital sympathie auprès des agriculteurs en net reflux à 47 % avant même qu’ils apprennent son intention de… clôturer le salon. Une décision mal comprise dans cette période de crises qui symbolise selon le monde agricole le peu de considération du chef de l’État pour leurs problèmes. Ce choix, mûrement réfléchi par les conseillers de l’Élysée, était sensé assurer, au chef de l’État une visite sans anicroche. Il a surtout permis aux autres leaders politiques d’occuper le terrain. Nicolas Sarkozy n’a pas donné le ton en ce début de salon. Il s’est même fait volé la vedette par le nouveau commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos (CF article page 12). Du coup, un souffle d’air est passé porte de Versailles, libérant ainsi le protocole de ses règles.

Bousculer les habitudes
« Il faut arrêter avec l’ordre des visites des politiques ! », lâchait Jean-Michel Lemétayer sollicité à maintes reprises sur la date de visite de Nicolas Sarkozy. Pourtant, cet ordre a toujours eu son importance. La décision de Nicolas Sarkozy a bousculé les habitudes. Certains députés accompagnant Dominique de Villepin ne mâchaient pas leur mot à l’encontre du chef de l’État. Comme ce dernier n’avait pas encore « parlé » d’agriculture au salon, l’attaque était facile. « L’agriculture devrait faire partie du domaine réservé du président de la République. Manifestement cela n’est pas le cas puisqu’il n’est pas venu inaugurer le salon », soulignait Marie-Anne Monchamp, député UMP en disgrâce auprès du parti du président suite aux municipales de 2008.

Le style Chirac
Dominique de Villepin a donc été libre de faire du Chirac en arpentant les allées du salon toute une journée (Cf. encadré) ; Jacques Chirac, le plus fidèle au monde agricole, comptait bien perpétuer le mythe… la veille de la venue de Nicolas Sarkozy. José Bové, ancien syndicaliste et agitateur au salon, aujourd’hui député européen, a servi de guide aux têtes de listes d’Europe Écologie (Cf encadré). François Fillon a fait une visite de futur présidentiable comme le titrait un hebdomadaire politique (Le Point) le jour de son anniversaire. Même s’il a laissé à Nicolas Sarkozy la primeur des annonces comme c’est la règle, la visite de celui « qui est toujours président de son comice agricole de la Sarthe » a conforté sa popularité. Quelques applaudissements ont même marqué son parcours. Martine Aubry, très à l’aise, submergée par les médias à quelques jours d’un possible grand « chelem » pour la gauche aux régionales a pris elle aussi tout son temps, notamment au hall de l’élevage, discutant longuement avec les représentants de la filière viande.

Une foule de politiques
À quelques jours des élections régionales, les politiques se sont logiquement pressés à la porte de Versailles. Mercredi 3 mars, ils étaient près de 15 au programme. Cette affluence n’a pas été sans provoquer des « collisions » pour le moins délicates. Jean-Pierre Raffarin a croisé Gérard Larcher, qui, lui, a eu le perchoir au Sénat. Martine Aubry s’est retrouvé nez à nez avec Marie-Georges Buffet. François Hollande a « doublé » le cortège de François Fillon !
« Il ne faudrait pas que ce salon soit seulement une semaine de bonnes intentions ! », soulignait le leader de la FNSEA. Celui-ci appelle « au rassemblement politique derrière un message fort pour changer cette politique ultralibérale ». « Même Martine Aubry a un rôle à jouer en convainquant les chefs de gouvernement de gauche comme Zapatero », a déclaré Jean-Michel Lemétayer. C’est l’ouverture, si chère à Nicolas Sarkozy, dans sa version agricole.



(SB)

lundi 08 mars 2010

José Bové revient au Salon de l’agriculture en campagne pour Europe Écologie

En visite au Salon de l’agriculture, les têtes de listes d’Europe Écologie aux élections régionales, emmenés par Cécile Duflot (Ile-de-France), Philippe Mérieux (Rhône-Alpes) et l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne François Dufour (Basse-Normandie) ont rencontré les acteurs du monde agricole, le 2 mars. Ils étaient accompagnés de José Bové (député européen). Le parcours s’est fait au pas de course avec un passage rapide par le hall de l’élevage où les candidats ont été interpellés par Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, leur demandant ce qu’ils envisageaient pour la filière. José Bové lui a répondu que « le modèle actuel va dans le mur » et qu’il travaille actuellement sur un rapport sur le revenu des agriculteurs pour le Parlement européen. Il a rajouté que « la vraie question est de savoir sur quelle réforme on va se battre pour 2013 ». Ils se sont ensuite rendus sur le stand de la FNSEA pour un entretien cordial avec son président Jean-Michel Lemétayer. Les candidats ont fait un bref passage par les stands du syndicat Jeunes agriculteurs. Cécile Duflot a précisé que les régions détiennent des moyens d’intervention sur le foncier et s’est prononcée en faveur d’une coordination régionale pour piloter les politiques agricoles. Selon elle, il est nécessaire d’aider le secteur agricole pour qu’il devienne « un lieu d’avenir », évoquant le développement de l’agriculture périurbaine et de circuits courts. Le groupe a continué son chemin en s’arrêtant notamment sur le stand de l’Agence bio. Avec un passage obligé par le stand de la Confédération paysanne où José Bové et François Dufour, deux anciens porte-parole du syndicat, ont salué leur successeur à ce poste Philippe Collin.


lundi 08 mars 2010

Dominique de Villepin appelle à « renforcer la mobilisation sur l’agriculture »

Ce 3 mars Dominique de Villepin a fait du Chirac en séjournant plus de trois heures au hall de l’élevage avant de passer un long moment sur le stand de la FNSEA avec Jean-Michel Lemétayer, son président, et de quitter le salon vers 19 h. Face à la crise sans précédent que subit l’agriculture, l’ancien Premier ministre a appelé à « renforcer la mobilisation en faveur de l’agriculture ». Il a expliqué qu’il fallait « un engagement au plus haut niveau » sur cette question d’intérêt général qui doit « rassembler l’ensemble des chefs d’État ». Il a indiqué que la loi de modernisation était une « bonne piste » mais que le monde agricole avait besoin « de mesures d’urgence pour toutes les filières ». Il était bien décidé à son arrivée à passer au moins six heures sur place pour « apprendre » et « pour le plaisir ». Au sujet de la future Pac, l’ancien Premier ministre estime que « c’est dans le cadre d’un accord franco-allemand que l’on arrivera à convaincre ». À noter que l’ancien directeur de cabinet du Premier ministre, Bruno Le Maire, aujourd’hui ministre de l’Agriculture, n’était pas du cortège mais en déplacement sur le terrain en Vendée et en Charente-Maritime, suite à la tempête Xynthia. Il n’a jamais été prévu que le ministre Bruno Le Maire accompagne Dominique de Villepin, a fait savoir un proche de ce dernier.



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Les agents de l’inspection vétérinaire condamnent la dégradation des conditions d’exercice de leur travail
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »