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Réforme de la Pac

lundi 21 juin 2010

La Saf propose une Pac contractuelle


En finir avec la notion d’aide ou d’assistance, introduire la notion de contrat dans la politique agricole commune, le DPU devenant une rémunération contre un engagement d’agriculteur à produire pour l’alimentation des Européens et à préserver l’environnement. Voilà le projet formé par la Saf pour les entreprises agricoles, à l’heure où les Européens s’apprêtent à négocier la réforme de leur politique agricole. Le projet a été présenté lors de l’assemblée générale de la Société le 17 juin. Il vise principalement à mieux légitimer le soutien de l’Europe accordé à son agriculture.

«Il faut arrêter de subir la logique de la subvention pour aller vers la logique de contrat », explique Laurent Klein, agriculteur alsacien, récemment élu président de la Saf (Société des agriculteurs de France) pour succéder à Hervé Morize. C’est autour de cette idée que ce « think tank » de l’agriculture a conçu un projet de réforme de la Politique agricole commune, après avoir consulté pas moins d’une centaine d’experts de tous horizons. « Votre idée de pacte prend en compte la relation profonde entre les agriculteurs et la société », reconnaissait Richard Etievant, haut fonctionnaire à la direction de l’agriculture de la Commission européenne.

Deux composantes
L’idée de la Saf ? Remplacer l’attribution administrative des DPU par un contrat signé par l’agriculteur en échange d’une rémunération de la part de la collectivité publique qu’est l’Europe mais, aussi, de la part des Etats, régions ou départements. Un contrat qui n’exclurait pas, de la part de l’Europe, une politique de gestion des marchés.
Dans le projet de la Saf existerait d’abord un contrat agricole européen signé pour sept ans et reposant sur deux composantes :
– une composante sécurité alimentaire justifiant une rémunération, tant pour la participation de l’agriculteur au taux de couverture des besoins alimentaires de l’UE que du « haut niveau d’exigence dans les modes de production ». Cette rémunération tendrait progressivement à être unifiée au niveau européen, qu’il s’agisse des anciens membres ou des nouveaux. Elle serait fixée par hectare avec un découplage à 100%, ne prenant pas en compte la nature de la production ou la référence historique.
– Une composante environnement justifiant une rémunération liée aux paysages, à la biodiversité, aux écosystèmes et au maintien de la qualité de l’eau.
A ce contrat européen pourraient s’ajouter des contrats spécifiques rémunérant des efforts particuliers sur des cibles spécifiques (biodiversité, eau, maintien des zones de « haute valeur naturelle »). La rémunération pourrait être cofinancée par l’Europe, les Etats, régions ou départements. Il s’agirait aussi de lutter contre la déprise agricole par exemple.

Renforcer le pouvoir de négociation
Il s’ajouterait de la part de l’Europe une « gestion des marchés affinée d’autant plus nécessaire face à une situation de cours de plus en plus aléatoires : intervention, retraits de marché, constitution de stocks stratégiques, amélioration de la fluidité du marché, barrières douanières maintenues à leur niveau actuel, etc ». D’autre part, le chef d’entreprise agricole devrait pouvoir utiliser des outils de gestion de ses risques comme l’assurance, la contractualisation avec les metteurs en marché dans un cadre où « le pouvoir de négociation des agriculteurs doit être renforcé » grâce à l’émergence de « structures de commercialisation de taille plus importante. »



(HP)

lundi 21 juin 2010

François Purseigle : le modèle de l’agriculture familiale ne va plus de soi

«Le modèle agricole familiale ne va plus forcément de soi, même en France », expliquait le sociologue François Purseigle lors d’une conférence à l’assemblée générale de la Saf. « C’est une construction politique et syndicale mais est-ce que cela correspond à la réalité ? Et le veut-on encore ? » Selon le sociologue, « tant en France qu’ailleurs émerge une catégorie d’autres types d’agriculteurs, proches de la notion de firmes : agriculteurs sociétaires, agriculteurs financiers, agriculteurs « souverains ». Ces exploitants sont souvent à la tête d’exploitations importantes mais qu’ils n’exploitent pas directement, en confiant la gestion à d’autres ou à des entreprises agricoles, parfois payés sur les DPU de la surface exploitée. Cohabitent avec eux des exploitants familiaux, certes, mais dans une situation souvent précaire.
Au niveau de certains pays, François Purseigle remarquait que l’appel à des opérateurs extérieurs pour assurer la sécurité alimentaire est une situation qui se développe. Ceci se conjugue avec un nombre croissant de paysans « assignés à résidence » sur leurs terres. Autrement dit bloqués sur leur territoire pour raison de pauvreté extrême. Tout ceci se passe sur une planète où, en dépit de l’urbanisation croissante, « il n’y a jamais eu, en valeur absolue, autant de paysans, environ 2,6 milliards ».



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Les agents de l’inspection vétérinaire condamnent la dégradation des conditions d’exercice de leur travail
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »