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Vendredi 28 juillet 2017

La question des crises et des prix agricoles en vidéo sur le Web


Dans le contexte des États généraux de l’alimentation, les difficultés que traversent le monde agricole font parler d’eux sur internet. Trois vidéos ont été publiées en moins de trois semaines sur YouTube. Mais la plus visionnée n’est pas la plus officielle.


« Des crises, des crises, des crises, l’agriculture est un monde en crise », telle est la première phrase d’un documentaire réalisé par le ministère de l’Agriculture et FranceAgriMer, mis en ligne le 6 juillet. Il reprend les grandes évolutions de l’agriculture et des marchés agricoles depuis presque un siècle en commençant par la création de l’Office du blé (1936). Des images en noir et blanc d’une étonnante actualité. On y voit les agriculteurs manifester à grands renforts de tracteurs et dénoncer « un prix du lait moins cher que l’eau minérale ». « N’attendez pas que le gouvernement organise vos marchés. Organisez-vous vous-même d’abord et à ce moment-là nous vous aiderons sur tous les plans », rapportait un agriculteur breton au sujet des propos du ministre de l’Agriculture de l’époque, dans les années soixante. Un discours qui rappelle celui plus récent de Stéphane Le Foll.

Des crises à répétition depuis cent ans

Autre témoignage d’un agriculteur d’avant 1980 : « Il y a trop de pêches. On ne s’en sort pas. » Une phrase que les producteurs d’aujourd’hui pourraient également prononcer, avec l’arrivée des fruits espagnols sur le marché. À l’époque, les excédents de production étaient détruits, mais toujours financés. « Les Offices sont faits pour vous aider. La difficulté, ce n’est d’ailleurs pas vous, en vérité. Elle est avec l’Europe. C’est au niveau de l’Europe que nous avons de la peine à organiser les marchés selon nos conceptions », déclarait François Mitterrand devant une assemblée de représentants agricoles, avant l’instauration des quotas laitiers en 1984. José Bové pointe son nez avec la vache folle, tout comme l’agriculture bio. « Le métier d’agriculteur n’est pas un métier comme les autres. Il nous implique fortement dans notre pays et en tant que citoyen », explique un agriculteur bio du début des années 2000. Ce documentaire a reçu le prix Green Awards au festival de Deauville 2017, mais n’a été visionné sur YouTube qu’une centaine de fois depuis.

Le libéralisme mis en cause par Le Monde

En parallèle, Le Monde a également réalisé sa vidéo sur le revenu des agriculteurs, le 20 juillet, intitulé : « Pourquoi les agriculteurs n’arrivent plus à vivre de leur travail ? ». Réponse : « À cause du libéralisme », selon la réalisatrice Asia Ballufier. Et de conclure : « C’est la victoire de l’agriculture de firme et la défaite de l’agriculture familiale à la française ». Sur YouTube, la vidéo a été vue 6 805 fois depuis sa mise en ligne. Le 21 juillet, a été mise une autre vidéo sur YouTube, intitulée : « Qui a le droit de briser l’avenir de l’agriculture ? », réalisée pour le site Facebook La bataille des producteurs de lait. Sur l’air de « Qui a le droit ? » de Patrick Bruel, on peut y lire un « Quand je serai grand, je serai agriculteur » barré pour devenir un « Quand j’étais jeune, j’étais agriculteur ». Le but de la vidéo est de dénoncer la difficulté de vivre de l’agriculture aujourd’hui et de transmettre son exploitation à la jeune génération. Très simple, elle a été pourtant visionnée plus de 22 400 fois à la même date !

ED



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