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Débat

lundi 17 décembre 2012

La Pac, entre politique économique et politique sociale


Organisations professionnelles agricoles, parlementaire européen, et membre de la Direction générale agriculture de la Commission européenne se sont réunis à Paris le 7 décembre pour débattre sur la future Pac. Si les acteurs de la filière française semblaient partagés sur la nécessité de prendre en compte l’emploi dans les aides Pac, ils sont tous tombés d’accord sur l’importance d’un plan protéines européen. Le verdissement a également été dénoncé par l’ensemble des organisations professionnelles.

«La spéculation est un ennemi terrible pour l’élevage. Si l’on ne fait rien, de nombreux pays vont abandonner les productions animales », a alerté Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, le 7 décembre lors d’un colloque sur la réforme de la Pac. Et pourtant, « il ne se fait pas grand chose pour contrer cela », regrette le parlementaire européen du groupe GUE-NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique). Et, toujours selon Patrick Le Hyaric, pour maintenir les exploitations d’élevage en Europe il faudra des mesures qui prennent en compte l’emploi. « Il faut donner un signe à l’élevage employeur de main-d’œuvre», a également soutenu Laurent Poirier, membre du bureau national chez les Jeunes agriculteurs. Une position loin de séduire Henri Brichart, vice-président de la FNSEA. « Nous militons pour que la Pac soit une politique économique et non une politique sociale. Méfions-nous de cette notion d’actif, je ne suis pas sûr que la France ait à y gagner dans la répartition des aides », a-t-il défendu.

Le verdissement dénoncé par l’ensemble de la filière

Outre ces discussions sur les aides à l’élevage, ce sont les mesures de verdissement qui ont monopolisé les débats. « Le verdissement de la Pac est un élément clé du projet 2014 », a en effet tenu à rappeler Emmy Korodima, administratrice à la Direction générale agriculture de la Commission européenne (DG Agri). Et même si la représentante de DG Agri a assuré que les discussions au sein de la Commission continuaient pour apporter de la flexibilité supplémentaire au verdissement, l’ensemble des représentants des organisations professionnelles ont unanimement condamné la lourdeur des contrôles déjà en vigueur, et les coûts prohibitifs des mises aux normes imposées à l’élevage par l’Europe. Patrick Le Hyaric, lui, a dénoncé l’ambigüité qu’il y a à imposer des mesures de verdissement alors que l’Europe importe massivement des produits agricoles d’Amérique du Sud, notamment du soja. « Autant il est bon d’avoir des mesures agro-environnementales à partir d’une agro-écologie, autant ceci est immédiatement défait dès lors que l’on ne s’engage pas du tout dans un plan protéines », a-t-il lancé.

Un plan protéines indispensable

La nécessité de mettre en place un plan protéines européen a d’ailleurs été défendue par la plupart des participants à ce colloque. « La Chine est un aspirateur à soja », a averti François Lucas, vice-président de la Coordination rurale, « que se passera-t-il quand les bateaux qui nous fournissent partiront tous là-bas ? », a-t-il interrogé. « Je ne pense pas qu’il y ait un problème de sécurité alimentaire en Europe », lui a répondu Emmy Korodima. Néanmoins, la Commission étudie actuellement des pistes pour l’autosuffisance européenne en protéines. Seul problème qui freine l’Europe dans ses réflexions : « On a une quantité de terre limite, si on s’oriente vers une production de protéines, on risque un déficit en céréales », a averti l’administratrice de la DG Agri.



(MG)

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