La politique agricole commune absorbe encore une bonne partie du budget de l’UE. Mais elle est désormais quasi absente du discours des principaux dirigeants européens. A aucun moment, le président de la Commission, José Manuel Barroso, ne l’a évoquée devant le Parlement de Strasbourg, lors de l’investiture du nouvel exécutif européen. Le chômage, la crise grecque, la réglementation financière, le changement climatique apparaissent désormais autrement plus importants que le secteur agricole pour une Union en quête de légitimité auprès des citoyens. Ces défis ont d’ailleurs largement accaparé les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE réunis informellement, le 11 février, autour du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ils seront au cœur du projet européen des prochaines années. Sans doute pas l’agriculture. Celle-ci apparaît désormais comme un « acquis » à défendre, mais dont on ne parle presque plus. L’enjeu alimentaire mondial semble encore lointain. La qualité des aliments est un souci certes non négligeable, mais elle est largement garantie par l’élévation du niveau de vie. Ce n’est pas le récent bilan de santé de la Pac, largement incompréhensible pour le grand public, fastidieux pour les ministres eux-mêmes, qui a redonné une force au projet agricole européen. Retrouver le chemin de la politique sera l’un des principaux défis du nouveau commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos. Faute de quoi la Pac sera de moins en moins une politique commune mais plutôt un outil de gestion des campagnes hérité du passé. Sans grand avenir.
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »