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Lundi 04 juin 2012 | bovins

La France attentive aux nouveaux cas récents de tuberculose bovine


Les pouvoirs publics gardent un œil sur la rémanence de la tuberculose bovine dans certains départements. Deux sénateurs inquiets se sont entretenus le 30 mai avec Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, ainsi qu’avec son conseiller technique en production animale afin de prendre les devants.


Deux sénateurs ont alerté Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, à propos de la tuberculose bovine qui persiste dans la région de Bourgogne. François Rebsamen, sénateur maire de Dijon et président du groupe socialiste du Sénat et François Patriat, sénateur de Côte d’Or, président du conseil régional de Bourgogne, ont donc été reçus par le ministre de l’Agriculture qui était accompagné de son conseiller technique en production animale. « Tout est fait pour préserver le statut “indemne” de la France au regard de cette maladie », a assuré Stéphane le Foll au cours de cette rencontre. Début mai, un cas de tuberculose bovine avait été détecté en Mayenne alors même que le département n’enregistrait plus de cas depuis trois ans. En Côte d’Or, « à partir de 2002, les premiers indices de la persistance de la maladie ont été mis en évidence », lit-on dans un communiqué de presse du 29 mai. Et pas seulement dans les élevages bovins, mais également dans diverses espèces sauvages (cervidés, sangliers et blaireaux). En 2011/2012, 23 élevages ont été déclarés foyers contre 22 la saison précédente. Les deux sénateurs alertent : « 6 foyers sont réapparus dans un secteur où l’élevage n’était pas contaminé l’an passé, avec dans les alentours un cerf fortement infecté de tuberculose bovine ».

Des solutions locales

La difficulté reste que les scientifiques et les experts ont peu de données scientifiques qui permettent de mettre en place des solutions absolues et généralisées. Certaines idées neuves émergent, notamment quant à la rémanence de la maladie. L’hypothèse de la présence de la bactérie dans le sol est aujourd’hui envisagée et étudiée. « Momentanément, il faudrait peut-être changer l’orientation de la production sur les zones infectées », suggère François Patriat, lui-même ancien vétérinaire. Mais cette solution – faire des céréales, des légumineuses ou simplement mettre les pâturages en jachère – n’est pas si simple à mettre en œuvre pour des éleveurs qui sont en activité depuis toujours. « Le temps que le sol s’assainisse », propose-t-il. Si la gestion de la maladie ne trouve pas encore de réponse à l’échelle nationale, localement, les professionnels y restent attentifs. À l’heure actuelle, la préoccupation principale est de détecter les nouvelles occurences et, selon les pouvoirs publics, de « rester conscient des risques de propagation de cette maladie ». Actuellement, la détection de nouveaux cas donne lieu à un abattage partiel ou total du troupeau, ainsi qu’à une surveillance très rapprochée de la zone. François Patriat rappelle que la lutte contre la tuberculose bovine représente un enjeu de taille : à titre d’exemple, la Dordogne exporte 80% des bovins produits dans le département vers l’Italie. Sans le statut « indemne de tuberculose bovine », cette activité pourrait être sérieusement compromise, même si selon les experts européens, il existe une qualification « indemne de tuberculose » par cheptel qui permet de valider localement le statut sanitaire des animaux. Il se trouve que la qualification nationale « rassure nos partenaires commerciaux ». La conserver est donc primordial pour nos relations commerciales.
Les pouvoirs publics ont été « réceptifs et sont conscients de l’urgence de la situation », explique François Patriat. Pour rappel, la France est officiellement indemne de tuberculose bovine depuis le début des années 2000. Pour être déclaré officiellement indemne, il faut que moins de 0,1% du cheptel national soit infecté. « Une mission composée de deux inspecteurs de la santé publique vétérinaire se rendra sur place avec un membre du cabinet du ministre de l’Agriculture dans les quinze jours », lit-on dans un communiqué du ministère du 30 mai, concernant l’alerte passée en Bourgogne. L’objectif est « d’aboutir à l’éradication de la tuberculose bovine en visant à limiter au maximum les conséquences économiques et sociales de la situation des éleveurs ».
(CR)