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Agriculture & société

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Revenu agricole

lundi 05 juillet 2010

La baisse du revenu de plus de 30 % en 2009 est confirmée


Les données de fin 2009 sont confirmées : le revenu net des entreprises agricoles aura baissé de 34 % en moyenne en France (-30 % pour le résultat courant par actif non salarié). Toutes les organisations agricoles ont souligné la gravité de la situation qui jette une lumière particulière sur les perspectives de réforme de la Pac.

Une baisse de 30% du revenu agricole en 2009. C’est ce que vient de confirmer la commission des comptes de l’agriculture dans un document qui affine les données de décembre. On y apprend que les régions Aquitaine (57 %) et Corse (22,4 %) sont les seules régions à avoir vu le revenu de leurs exploitants progresser. L’Alsace voit son revenu agricole stagner (0,6 %) tandis que celui des exploitants agricoles baisse dans toutes les autres régions, notamment celles qui sont spécialisées en élevage (Bretagne -46 %, Basse-Normandie -58 %) mais aussi les zones de grandes cultures (champagne Ardenne -38,7 % ; Centre -36 %). Ceci s’explique par les données par filière. Les filières hors sol (+23%), des ovins (+14%) bovins viande (+10%) vins d’appellation (+9%) et autres vins (+4%) semblent progresser mais toutes les autres ont des revenus en berne : maraîchage et fleurs (-8 %), polyculture (-27 %), fruits (-44 %), lait de vache (-50 %) et céréales et oléoprotéagineux ( -57%) (voir tableau page suivante).

Les prix en chute

Si, hors les engrais, la plupart des coûts de production ont baissé, cette réduction est très largement compensée par une chute générale des prix agricoles. Pour les grandes cultures, le reflux des prix est largement influencé par les cours mondiaux. Toutes les régions de grandes cultures voient le revenu baisser avec une atténuation en Nord-Pas-de-Calais grâce aux résultats moins mauvais de la betterave sucrière. Ce repli des prix s’est constaté aussi pour les vins dont la commercialisation a été difficile. Dans cette filière, il n‘y a que la région Aquitaine qui a bénéficié de chiffres à peu près favorables en raison de l’importance de la récolte de vins de Bordeaux. Les fruits et légumes ont rencontré les mêmes problèmes de commercialisation. En Languedoc se sont conjugués des problèmes de réduction de production (arrachage) pour le vin et des difficultés de commercialisation pour les fruits.
Le même phénomène de prix a été constaté en élevage. Les charges d’alimentation animale ont baissé mais les prix de vente encore plus. En lait, la baisse des prix du lait payé aux producteurs s’est conjuguée à une baisse de volume produit. Seules les régions d’AOC comme la Franche Comté ont réussi à limiter les pertes de revenus. Les producteurs de viande s’en tirent moins mal. Mais la différence est grande entre les éleveurs de broutards ou ceux d’animaux finis qui s’en tirent mieux. En Pays de Loire, les prix des animaux finis reculent et entrainent une baisse de 3% du revenu des éleveurs de bovins allaitants. A l’inverse, les producteurs limousins d’animaux maigres voient leurs revenus progresser de 109% après une année 2008 très difficile pour eux. La situation des éleveurs d’ovins est différente, avec un recul de la production compensée par une hausse des prix.




(HP)

lundi 05 juillet 2010

Toutes les organisations agricoles soulignent la gravité de la situation

«La vérité est là, souligne la FNSEA dans un communiqué à propos de la baisse confirmée du revenu agricole : toutes les régions et la plupart des productions sont en grandes difficultés. L’idée même de rigueur sur les plaies de la crise agricole ne serait pas raisonnable, ne serait pas acceptable. » Selon l’APCA, « cette situation catastrophique démontre une fois de plus les effets désastreux de 15 années de démantèlement, insidieux mais implacable, des outils de régulation de la Pac ». Dans ces circonstances, l’association des grandes cultures Orama demande aux députés de « véritablement ouvrir aux producteurs de grains le mécanisme de Déduction pour aléas (DPA) dans le cadre de leurs débats sur le projet de loi de Modernisation de l’agriculture ». « Il est aberrant, poursuit Orama, que l’accès à la DPA soit lié à l’obligation de souscrire une assurance - récolte qui ne présente aucun intérêt pour la plupart des producteurs de grains et dont le prix représente donc pour eux une charge inutile ». Pour sa part, la Coordination rurale considère qu’il est « urgent que les agriculteurs et les consommateurs reprennent le pouvoir qui leur a été confisqué et imposent à nos responsables politiques de considérer l’agriculture pour ce qu’elle est, une nécessité vitale. » Enfin, « les disparités de revenu entre secteurs de production ne se comblent pas, regrette la Confédération paysanne, le revenu médian se situe à 21 000 euros. Les producteurs de céréales et de grandes cultures dépassent de 50% ce revenu, quand les producteurs de lait sont à moins 22%, les productions de viande bovine sont à moins 40%, le hors sol à moins 42% et les ovins à moins 50% !



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Les agents de l’inspection vétérinaire condamnent la dégradation des conditions d’exercice de leur travail
Dans plusieurs départements les personnels de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) qui incluent notamment les agents vétérinaires de contrôle ont prévu des actions de protestation contre la dégradation des conditions d’exercice de leur mission. En cause, les conséquences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et les restrictions d’emplois qui en résultent. Dans le Calvados par exemple, une lettre ouverte au préfet estime que « la non-reconduction des contrats des personnels vacataires en abattoir après mars 2012 met en péril la sécurité et la loyauté des aliments mais aussi la santé et la protection des animaux et de l’environnement. » La lettre, signée par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa, estime que « les rythmes de contrôles ont considérablement diminué dans certains secteurs comme la distribution ou la restauration collective ». De plus, en abattoir, selon la lettre des syndicats, « la non-réalisation par manque d’effectifs de missions en abattoir comme l’inspection ante-mortem, la délégation de compétences à des organismes privés, risqueront sans nul doute de contribuer à la dégradation d’une situation sanitaire maîtrisée vers des crises sanitaires majeures. »